La N-VA veut activer la phase de crise régionale pour faire face à la crise sécuritaire à Bruxelles : « Bruxelles doit d’abord balayer devant sa porte »

2 septembre 2026

Bruxelles est confrontée à une vague sans précédent et persistante de violences par armes à feu liées au trafic de drogue. Face à cette situation, le député bruxellois Mathias Vanden Borre demande, dans une proposition de résolution, que le gouvernement bruxellois active la phase de crise régionale. « La politique de sécurité à Bruxelles reste beaucoup trop morcelée, alors que les réseaux criminels, eux, ne s’arrêtent évidemment pas aux frontières communales », souligne-t-il avec la députée fédérale Maaike De Vreese.

Activer la phase de crise régionale

La phase de crise régionale a déjà été activée avec succès par le passé, notamment lors de l’accueil à grande échelle des réfugiés ukrainiens. « Nous devons aujourd’hui oser recourir à cet outil pour faire face à la crise sécuritaire qui frappe notre capitale et l’ensemble des Bruxellois », affirme Mathias Vanden Borre.

L’activation de cette phase permettrait de centraliser la coordination de crise, de déployer des actions supplémentaires et de renforcer la coopération entre les six zones de police et les différents services de sécurité. « Se contenter de réclamer davantage de moyens, comme le font les bourgmestres, ne résoudra pas les problèmes. Bruxelles a besoin d’une stratégie de sécurité unique et coordonnée », insistent Mathias Vanden Borre et Maaike De Vreese.

Il est grand temps de prendre des mesures administratives fermes

Afin de perturber directement les réseaux criminels, la N-VA propose une série de mesures administratives fortes et ciblées, qui seraient intégrées dans l’arrêté de police à adopter.

Tout d’abord, l’actuel plan « hotspots » visant les zones à risque, telles que la zone du canal, Peterbos et la Porte de Hal, doit être revu à l’échelle régionale. Dans ces périmètres, la police disposerait de pouvoirs élargis lui permettant de procéder à des contrôles d’identité systématiques, à des fouilles préventives ainsi qu’à des contrôles préventifs de véhicules. Des interdictions de rassemblement doivent permettre de désorganiser concrètement le trafic de rue, tandis que des interdictions administratives de périmètre, individuelles ou visant certaines catégories de personnes, pourraient être imposées à ceux qui sont régulièrement identifiés dans ces hotspots comme guetteurs ou vendeurs de rue.

La chaîne logistique des bandes criminelles doit elle aussi être fermement ciblée. La N-VA propose ainsi d’interdire temporairement certains objets facilitant le trafic ou permettant de dissimuler son identité, tels que les cagoules, les balances de précision et les talkies-walkies. Parallèlement, des contrôles ciblés seraient menés sur les vélos électriques et trottinettes débridés dans les zones sensibles, ces véhicules étant fréquemment utilisés pour effectuer des repérages ou prendre la fuite. En outre, les commerces ou ASBL à risque servant de couverture logistique devraient pouvoir être directement fermés ou placés sous scellés à l’échelle régionale, ou se voir imposer des horaires de fermeture anticipés, sans devoir attendre l’issue de longues procédures communales.

Enfin, Mathias Vanden Borre souhaite étendre les compétences policières aux espaces semi-publics, tels que les cages d’escalier et les garages d’immeubles à appartements, afin de pouvoir en déloger directement les bandes de trafiquants. Il propose également de déployer des scanners ANPR mobiles et des caméras temporaires sur les principaux axes d’accès autour des hotspots, ainsi que d’imposer un partage régional obligatoire des données via safe.brussels, afin d’éviter que la criminalité ne se déplace tout simplement vers une commune voisine.

Prévoir un soutien fédéral

La députée fédérale Maaike De Vreese souligne que le niveau fédéral est prêt à mobiliser des effectifs supplémentaires de la police fédérale et, si nécessaire, des militaires. Elle met toutefois en garde contre un possible déplacement de la criminalité vers la périphérie bruxelloise.

« La désignation d’un Gold Commander est une bonne chose et démontre une nouvelle fois l’urgence de rendre opérationnelle la fusion des six zones de police bruxelloises », conclut Maaike De Vreese. « Nous demandons au ministre d’accélérer le processus et comptons sur la coopération des bourgmestres bruxellois, plutôt que sur leur obstruction. »

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