Mathias Vanden Borre : « Plus de 850 euros par injection dans la salle de consommation à Bruxelles »

17 avril 2026
Mathias Vanden Borre

Depuis son ouverture, la salle de consommation LinkUp à Molenbeek accueille en moyenne 6,5 usagers par jour. Selon le député bruxellois Mathias Vanden Borre, ce chiffre contraste fortement avec le coût social et financier élevé du projet : « Pour un projet d’un tel coût, ces chiffres sont totalement disproportionnés. »

Peu d’usagers, un important déploiement de personnel

Actuellement, 17,5 équivalents temps plein (ETP) sont mobilisés pour le fonctionnement de LinkUp : 14 pour la gestion, auxquels s’ajoutent un agent de sécurité et 2,5 ETP pour l’accompagnement social et médical.

« Cela signifie qu’une vingtaine de membres du personnel encadrent à peine six à sept usagers par jour. C’est totalement disproportionné », souligne Mathias Vanden Borre. « Depuis l’ouverture, 151 personnes ont découvert le site, dont 96 ont effectivement utilisé les services. Ce projet a été imposé sans analyse d’impact claire et sans que la nécessité d’une salle de consommation ait été démontrée. »

Un coût très élevé par utilisation

Le coût total du projet s’élève désormais à 7,8 millions d’euros. « Il s’agit d’argent public qui, aujourd’hui, n’est pas investi dans la sécurité, la propreté ou les services de base, mais dans un projet à portée très limitée », déclare Mathias Vanden Borre.

Sur une base annuelle, le nombre d’usagers atteindrait environ 1 300. À lui seul, le coût du personnel s’élève à environ 1,1 million d’euros par an. Cela porte le coût opérationnel par utilisation à environ 850 euros.

« Cela signifie que les Bruxellois paient le prix fort pour une politique qui facilite la consommation de drogues. Ce n’est pas la politique dont notre ville a besoin », affirme Mathias Vanden Borre.

Une utilisation plus efficace des moyens ?

Selon les ministres compétents, Ahmed Laaouej et Dirk De Smedt, en l’absence d’une salle de consommation, une partie de l’usage de drogues se ferait dans l’espace public. Mathias Vanden Borre émet des réserves à ce sujet.

« Même en admettant cet argument, la question demeure de savoir s’il s’agit de l’utilisation la plus efficace des ressources. Avec les mêmes budgets, on pourrait investir dans la prévention, les programmes de sevrage et davantage de sécurité dans les rues. »

Appel à une réévaluation

Mathias Vanden Borre appelle le gouvernement bruxellois à réévaluer en profondeur le projet : « Bruxelles est sous pression financière et chaque euro doit être dépensé avec discernement. Des projets à faible impact et à coût élevé ne sont tout simplement pas soutenables. »

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