Après 20 ans, enfin un accord de retour avec l’Algérie

1 avril 2026
Anneleen Van Bossuyt

Après deux décennies d’efforts diplomatiques, le gouvernement fédéral a réalisé une avancée historique en matière de politique migratoire : la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a annoncé dans De Ochtend un nouvel accord de retour avec l’Algérie. « Une politique migratoire crédible repose sur un retour effectif », affirme la ministre.

Les chiffres de l’année dernière illustrent la gravité de la situation : sur plus de 2 200 Algériens ayant reçu l’ordre de quitter la Belgique, seuls 85 sont effectivement rentrés. « Grâce à cet accord, nous avons pu conclure des mesures très concrètes pour augmenter fortement ces retours », précise la ministre Van Bossuyt.

L’un des principaux objectifs de l’accord est d’alléger la pression sur les prisons belges. Actuellement, 780 Algériens – ou personnes déclarant l’être – se trouvent en détention, dont 700 en séjour illégal. Van Bossuyt espère que l’accord sera rapidement approuvé par le parlement afin que ce groupe puisse être rapatrié plus rapidement. « Le séjour illégal reste une infraction dans ce pays », souligne-t-elle.

Quatre changements cruciaux

Le nouvel accord introduit quatre modifications importantes pour accélérer le processus :

  1. Identification plus rapide : l’Algérie s’engage à confirmer dans un délai de deux semaines si une personne possède la nationalité algérienne, un processus qui pouvait auparavant durer plusieurs mois.
  2. Durée de validité prolongée : la validité des documents nécessaires passe de 24 heures à 30 jours, ce qui réduit les obstacles administratifs.
  3. Vols plus efficaces : plusieurs personnes pourront désormais être rapatriées sur un même vol, qui ne devra plus nécessairement être direct.
  4. Accompagnateurs algériens : pour garantir la sécurité lors des vols, la Belgique pourra également faire appel à des escortes algériennes, en plus de la police fédérale.

Cette avancée est notamment le résultat d’une amélioration des relations diplomatiques avec l’Algérie, pour laquelle Van Bossuyt remercie également le ministre des Affaires étrangères Maxim Prévot (Les Engagés). En échange de la coopération algérienne, la Belgique a signé un accord d’exemption de visa pour les titulaires algériens de passeports diplomatiques ou de service.

Bataille juridique autour de l’accueil

Outre l’accord avec l’Algérie, Van Bossuyt a réagi aux critiques récentes concernant le refus d’accueil pour des demandeurs d’asile déjà protégés dans un autre État membre de l’UE. Bien que le Conseil d’État ait rejeté ce refus systématique, la ministre affirme que des refus individuels, dûment motivés, restent possibles.

« Je cherche des solutions juridiquement valables, et je ne fais en aucun cas abstraction de la jurisprudence », confirme-t-elle. « Nous devons lutter contre le “shopping de l’asile” afin de mettre fin aux abus du système social et de réduire la pression sur la société. »

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