Johan Van Overtveldt : « Plus d’argent n’est pas toujours la solution. Le budget de l’UE doit être réformé. »

26 novembre 2025

Ce jeudi, le Parlement européen vote sur le budget européen pour l’année 2026. L’accord – qui représente quelque 190 milliards d’euros – se concentre sur les principaux défis du moment. Pourtant, selon Johan Van Overtveldt, président de la commission des Budgets, ce budget reste globalement trop tourné vers le passé : « Le budget européen laisse trop peu de place à l’avenir. Cela affaiblit notre capacité d’action dans un monde en pleine mutation. »

Des investissements nécessaires, mais sans réelle vision

Johan Van Overtveldt reconnaît que le budget met à juste titre l’accent sur la défense, la protection des frontières, la Compétitivité La mesure dans laquelle des entreprises implantées dans un pays peuvent faire concurrence aux mêmes entreprises dans un autre pays. Depuis 1996, il existe en Belgique une loi visant à surveiller la compétitivité. Elle dispose que les charges salariales ne peuvent pas évoluer plus rapidement que la moyenne de nos trois pays limitrophes. Le CCE (Conseil Central de l’économie) mesure chaque année si cet objectif est atteint. compétitivité , la recherche et l’innovation.

« C’est un budget qui cherche à investir à la fois dans la sécurité et dans la prospérité de nos citoyens », affirme-t-il.

Mais selon lui, la structure même du budget européen reste problématique. Une part trop importante des dépenses reste figée dans des priorités historiques, mal alignées sur les réalités actuelles.

Réformer plutôt que réclamer toujours plus de moyens

En vue du prochain Cadre financier pluriannuel (CFP), Johan Van Overtveldt plaide pour un véritable changement de cap. Il rejette une approche budgétaire systématiquement centrée sur la demande de fonds supplémentaires.

« Un budget performant ne se résume pas à l’augmentation des moyens. Il s’agit avant tout de mieux les utiliser. Trop souvent, l’Union européenne part du principe que chaque problème peut être résolu avec plus d’argent. Sans réformes structurelles, nous n’y arriverons pas. »

Le N-VA appelle dès lors à supprimer les programmes obsolètes ou redondants, et à approfondir l’intégration du marché intérieur.

« Moins de barrières pour les services, l’innovation et l’entrepreneuriat doivent aller de pair avec la mise en place d’une véritable union des marchés de capitaux, capable d’offrir aux entreprises européennes un accès au financement à l’échelle de leurs concurrents internationaux. »

Le contexte géopolitique exige des décisions sans délai

La situation internationale rend cette transformation encore plus urgente.

« Nous sommes dans une conjoncture géopolitique fragile. Les États-Unis, notre allié traditionnel, font preuve d’une instabilité préoccupante. Et la Chine, elle, rêve de nous neutraliser par l’étreinte. Face à cela, l’Europe doit renforcer sa propre puissance d’action. »

Pour Johan Van Overtveldt, l’Union doit sortir de la logique du court terme.

« Il faut aller au-delà des chiffres d’un seul exercice budgétaire. L’argent seul ne suffit pas. C’est par la réforme que nous gagnerons en efficacité, en autonomie stratégique et en prospérité », conclut-il.

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