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Le nouveau Plan Global de Sécurité et de Prévention 2021-2024 de la Région de Bruxelles-Capitale ne renforce pas la politique de sécurité
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Le nouveau plan est plus concis que le précédent et contient moins de thèmes prioritaires et de mesures associées. Il sous-estime par ailleurs la gravité de certains phénomènes de criminalité organisée, comme le trafic de drogues et d’êtres humains. Pour le député bruxellois Mathias Vanden Borre, il n’est nullement question d’une politique de sécurité régionale unifiée. « On est encore loin d’une unité de commandement. »
La hausse de la criminalité organisée n’est pas une priorité
Le nouveau Plan Global de Sécurité et de Prévention (PGSP) ne définit que neuf priorités. Par rapport au précédent, la thématique « Criminalité organisée et trafic de biens frauduleux » a disparu. La criminalité organisée est pourtant un grave problème à Bruxelles, notamment le trafic d’armes, de drogues et d’êtres humains, explique Vanden Borre. « La forte hausse du nombre de faits enregistrés en lien avec le trafic de drogues (+19 %) et d’armes (+169 %) par rapport à 2018 et l’augmentation spectaculaire du nombre de dossiers judiciaires en lien avec des organisations criminelles (+68 %) et l’importation, l’exportation et le transit d’armes ou de munitions (+300 %) démontrent bien que la criminalité organisée est en hausse dans la Région de Bruxelles-Capitale. »
Rien concernant les bandes de trafiquants qui rendent les quartiers invivables
La thématique « Drogues et assuétudes » ne contient toujours aucune ligne sur les bandes de trafiquants, qui rendent certains quartiers bruxellois totalement invivables. Ces derniers mois, une guerre entre différentes bandes a ainsi fait plusieurs victimes. « Les chefs de corps et d’autres acteurs comme la STIB confirment que le trafic de drogue est souvent à l’origine de tensions avec les Bruxellois. Citons l’exemple de la ligne de bus 89 à Molenbeek, que les bandes locales ne veulent plus voir sur leur territoire. Les chiffres ne mentent pas : la possession de drogues et le trafic de stupéfiants ont augmenté de respectivement 91 et 112 % en 2019 par rapport à 2010. Si ce n’est l’ouverture d’un centre de consommation, le gouvernement bruxellois n’a pratiquement rien fait contre ce phénomène. Nous ne pourrons peut-être pas gagner la guerre, mais nous devons livrer bataille, car le trafic de drogue touche également d’autres segments de la société », explique Vanden Borre.
L’approche locale de la prostitution de fonctionne pas
Pour finir, le rapport 2021-2024 ne contient rien de nouveau par rapport à la version 2017-2020 et à l’accord de gouvernement 2019-2024 au sujet de la prostitution. Il prévoit lui aussi la mise en place d’une coordination intercommunale. Les communes de Bruxelles-Ville, Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode adoptent depuis des décennies une approche purement locale, tandis que la Région et le ministre-président Rudi Vervoort (PS) ne font rien. Cette approche locale ne fonctionne clairement pas, selon Mathias Vanden Borre. « Le quartier Alhambra devient invivable depuis plusieurs décennies à cause de la prostitution de rue, qui s’accompagne d’outrages publics aux moeurs, de consommation de drogue et de nuisances sonores et olfactives. Les innombrables tentatives de l’administration bruxelloise visant à punir la prostitution de rue à travers des sanctions administratives communales sont restées infructueuses. Pendant ce temps, les problèmes à Schaerbeek et surtout à Saint-Josse restent très graves et indignes de notre capitale. »
Pas d’unité de commandement
Le nouveau PGSP a été présenté au sein de la commission Affaires intérieures mardi. « Sur la base de ce document, il est difficile de parler d’une politique de sécurité régionale unifiée. On est encore loin d’une unité de commandement telle que demandée notamment dans les conclusions de la commission spéciale Covid », conclut Vanden Borre.