Première percée européenne dans le dossier du retour vers l’Afghanistan

24 janvier 2026

La Belgique a participé, au nom de 20 pays européens, à une mission administrative exploratoire en Afghanistan organisée par la Commission européenne. Cette mission marque une première avancée concrète dans un dossier resté bloqué pendant des années : le retour des ressortissants afghans sans droit de séjour, en particulier ceux qui représentent une menace pour notre sécurité.

« Nous faisons face à un choix clair. Soit nous acceptons l’immobilisme dans les dossiers afghans, soit nous osons entamer les discussions difficiles, parfois inconfortables, mais nécessaires pour avancer. L’Afghanistan figure dans le top 3 des pays d’origine des demandes d’asile en Belgique. Rien qu’en 2025, près de 4 000 demandes ont été enregistrées. Plus de la moitié de ces personnes n’ont pas droit à une protection. Nous devons briser cette spirale négative d’Afghans errant dans l’illégalité au sein de l’UE. C’est avant tout dans leur propre intérêt », déclare la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt.

Large soutien européen

Cette mission a pu voir le jour grâce à l’initiative de la ministre Anneleen Van Bossuyt, qui avait précédemment interpellé le commissaire européen Magnus Brunner dans une lettre appelant à débloquer le retour vers l’Afghanistan. Dix-neuf autres États membres ont soutenu cette démarche. L’objectif de la mission est de relancer une coopération technique avec les autorités afghanes sur le plan administratif, notamment en matière d’identification, dans le cadre de retours volontaires comme forcés. Selon la ministre, les dossiers concernant les criminels en séjour illégal doivent être traités en priorité.

« La Belgique n’a évidemment aucune affinité avec le régime afghan actuel. Mais dans le contexte international, il existe plusieurs régimes dont la vision du monde est radicalement différente, avec lesquels nous devons tout de même coopérer administrativement pour des raisons de politique de retour. Il faut au minimum explorer les pistes permettant de sortir de cette impasse de manière pragmatique, comme cela se fait déjà en Allemagne et en Autriche. C’est à présent à notre gouvernement de s’en saisir au plus vite », déclare Van Bossuyt.

Ne plus détourner le regard

Le besoin d’agir est urgent, insiste Van Bossuyt depuis longtemps. Actuellement, 2 635 Afghans séjournent encore dans les centres d’accueil en Belgique. En parallèle, une problématique sécuritaire se pose clairement. En 2025, les Afghans occupaient la troisième place dans les statistiques des auteurs d’incidents graves dans les centres fédéraux d’accueil. En dehors de ces centres également, les autorités locales et les services de police signalent des difficultés croissantes avec certains groupes.

« Un État qui veut protéger ses citoyens doit être en mesure d’exécuter ses décisions. L’impasse persistante sur le retour des Afghans exerce une pression réelle sur notre société et notre sécurité. Bien entendu, ceux qui ont droit à l’asile — comme de nombreuses femmes ou mineurs afghans — ne seront jamais renvoyés de force », précise la ministre.

Suivi européen et belge

Au sein de l’Union européenne, un groupe de travail réunissant des représentants de plusieurs États membres suit l’évolution du dossier de près, avec pour objectif explicite de mettre en œuvre un système commun et concret de retour.

Les résultats de la mission — à laquelle la Belgique a participé via Freddy Roosemont, directeur général de l’Office des étrangers — sont actuellement analysés. Les prochaines étapes concrètes seront d’abord discutées au sein du gouvernement fédéral. Ensuite, la Belgique devra examiner si et comment les dossiers administratifs peuvent être complétés en vue d’un éventuel retour. Une mission administrative afghane est prévue ce printemps à Bruxelles dans le cadre de l’identification.

 

Qu’avez-vous pensé de cet article?

Indiquez ici votre score personnel
Le score moyen est de