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N-VA : « L’UE doit se concentrer de toute urgence sur ses missions fondamentales : protéger les citoyens et les entreprises »
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L’Union européenne est en grande partie responsable de la crise énergétique actuelle et manque à son devoir de protéger ses citoyens et l’économie. Telle est l’analyse du groupe N-VA au Parlement européen à l’occasion de l’énième discours sur l'état de l’Union en temps de crise. Plutôt que de se soucier d’elle-même et de reprendre des compétences aux États membres, l’UE devrait se concentrer sur ses missions fondamentales et adopter une vision stratégique. « L’UE devrait miser sur des mesures favorisant la croissance, davantage anticiper et cesser de combler les trous avec toujours plus de compétences, de moyens et de fonds », estime le chef de la délégation N-VA au Parlement européen Geert Bourgeois.
Naïveté géopolitique
La N-VA attend toujours la réalisation de la promesse de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen de faire de l’Europe une acteur d’envergure internationale. Dans un monde en plein bouleversement, nous avons trop peu misé sur la diversification de nos chaînes d’approvisionnement. Si la crise du coronavirus l’a parfaitement démontré, l’Europe se révèle également bien trop dépendante de la Russie au niveau énergétique et de la Chine au niveau de la confection.
Geert Bourgeois explique : « Je plaide pour un nouvel élan assertif en matière de commerce : nous devons générer de la croissance et réduire rapidement notre dépendance vis-à-vis des régimes autoritaires. Nous devons conclure des accords commerciaux afin de satisfaire nos besoins spécifiques, dont la livraison de matière premières et de minéraux essentiels, en vue de la transition énergétique et de la sécurisation de notre chaîne d’approvisionnement. »
Énergie : protéger la Compétitivité La mesure dans laquelle des entreprises implantées dans un pays peuvent faire concurrence aux mêmes entreprises dans un autre pays. Depuis 1996, il existe en Belgique une loi visant à surveiller la compétitivité. Elle dispose que les charges salariales ne peuvent pas évoluer plus rapidement que la moyenne de nos trois pays limitrophes. Le CCE (Conseil Central de l’économie) mesure chaque année si cet objectif est atteint. compétitivité et le pouvoir d’achat
« Les propositions de von der Leyen ne feront aucune différence pour les citoyens et les entreprises cet hiver. Telle était pourtant la mission de la Commission : soumettre un plan d’urgence », explique Johan Van Overtveldt, président de la commission Budget. « On ne sait toujours pas en quoi consistera concrètement le plafond de prix pour l’énergie renouvelable et nucléaire. La captation des surprofits dans le secteur des carburants fossiles semble être une bonne idée, mais sera-t-elle possible sur le plan juridique et qu’en sera-t-il des producteurs situés en dehors de l’UE ? La Commission fait face à des intérêts divergents et doit espérer obtenir l’accord de tous les États membres. Concrètement, les effets se feront donc attendre encore longtemps. »
L’Europe est responsable de la crise énergétique
Van Overtveldt tient à souligner que l’Europe est en grande partie responsable de la crise actuelle : « Pendant des décennies, l’Europe a reposé sur un modèle économique basé sur un gaz russe bon marché. Le passage à une production d’énergie durable est évidemment nécessaire, mais cette transition a été sous-estimée, tant en termes de prix que de temps. »
Ces dernières décennies, l’Europe n’a pas suffisamment investi dans son propre approvisionnement énergétique ni dans ses infrastructures, selon Van Overtveldt. « Investir dans le nucléaire devrait être une évidence en ce moment. Il s’agit d’une source d’énergie durable et sans émissions de CO2, qui nous offrirait une plus grande sécurité d’approvisionnement et renforcerait notre indépendance. »
Prendre le problème de la migration illégale à bras-le-corps
L’UE doit pour finir mettre en place une politique migratoire stricte au plus vite. Après la crise bancaire, la crise du coronavirus, l’invasion russe et le flux de réfugiés ukrainiens qu’elle a entraîné et la crise actuelle de l’énergie, l’UE ne peut pas se permettre une nouvelle crise migratoire. L’eurodéputée Assita Kanko explique : « Le fait que l’UE soutienne l’Ukraine et qu’Olena Zelenska soit parmi nous est une excellente chose. Je soutiens von der Leyen à 100 % sur ce plan. »
Mais elle met également en garde : « Pour conserver le soutien de la population dans cette lutte géopolitique nécessaire et pour l’Europe, il est également important d’avoir une vision claire de la politique interne au sens large, avec une approche stricte de la migration illégale et un frein au trafic de drogue et à la violence qu’il génère, par exemple. Votre politique en dehors de l’Europe est la bonne. Faites maintenant en sorte qu’elle le soit également au sein de l’Europe. »