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L’UE ne peut plus tergiverser pour restaurer sa compétitivité

Sans un changement radical, nous risquons de devenir économiquement insignifiants
L’économie européenne est à un tournant critique. Tandis que la Compétitivité La mesure dans laquelle des entreprises implantées dans un pays peuvent faire concurrence aux mêmes entreprises dans un autre pays. Depuis 1996, il existe en Belgique une loi visant à surveiller la compétitivité. Elle dispose que les charges salariales ne peuvent pas évoluer plus rapidement que la moyenne de nos trois pays limitrophes. Le CCE (Conseil Central de l’économie) mesure chaque année si cet objectif est atteint. compétitivité de l’Europe s’érode, les réformes fondamentales se font toujours attendre. La Commission européenne a récemment présenté son Compas de la compétitivité, un cadre stratégique visant à renforcer l’économie européenne. Cette semaine, le Parlement européen débattra de ces propositions. Si cette initiative témoigne d’une bonne volonté, la délégation N-VA au Parlement européen réclame des mesures plus rapides, plus profondes et plus efficaces.
Selon Johan Van Overtveldt, chef de la délégation et président de la commission des Budgets, ainsi que Kris Van Dijck, député européen et membre de la commission de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie, l’UE ne peut pas rester bloquée dans des plans et des analyses. Il est temps d’agir concrètement.
Nous n’avons pas besoin d’un compas, mais d’un moteur turbo
Les chiffres sont éloquents : en 2024, le nombre de faillites en Flandre a augmenté de 5,5 %, et un tiers des PME rencontre des difficultés financières. « Notre compétitivité s’effrite chaque jour. Le monde nous dépasse pendant que nous débattons d’un compas ? Nous avons déjà perdu trop de temps, il faut rattraper ce retard », affirme Kris Van Dijck.
Il plaide pour moins de réglementations et davantage de confiance dans les entrepreneurs : « Donnons aux entreprises l’oxygène nécessaire pour concurrencer, au lieu de les étouffer sous des règles administratives. Ce qu’il faut, c’est un véritable marché intérieur avec des règles du jeu claires et une application efficace. »
Van Dijck insiste également sur l’importance de la neutralité technologique : « L’innovation est entravée par des choix idéologiques. L’UE doit favoriser l’innovation sans dogmes politiques. » Il appelle en outre à une coopération renforcée, mais dans le respect des spécificités nationales : « L’UE doit collaborer davantage en matière d’énergie, de transport et de marchés financiers, mais la Flandre n’est pas la Pologne. La législation européenne doit respecter la réalité nationale. »
L’innovation est la clé, mais l’Europe manque de dynamisme
Johan Van Overtveldt analyse les causes structurelles du déclin de la compétitivité européenne : le retard en matière d’innovation par rapport aux États-Unis et à la Chine. « L’Europe est à la traîne dans les innovations de rupture. Nous investissons autant en R&D que les États-Unis, mais de manière trop fragmentée et inefficace. »
Il pointe une différence fondamentale : « Aux États-Unis, l’innovation est pilotée par des scientifiques de haut niveau au sein de structures flexibles comme les Advanced Research Project Agencies (ARPA). L’Europe ne dispose d’aucun équivalent. Nous manquons de rapidité, de focalisation et de force d’impact. »
Un autre problème est le manque d’investissements privés dans les secteurs de haute technologie. « Aux États-Unis, 90 % des investissements privés en R&D sont dirigés vers des domaines comme l’IA et la biotechnologie. En Europe, ce chiffre tombe à moins de 50 %. Nous devons améliorer l’accès au capital et soutenir les start-ups. L’Europe doit abandonner son approche conservatrice et embrasser la destruction créatrice : l’innovation exige une libre circulation des capitaux et du travail. Nous devons réformer nos marchés du travail, moderniser la réglementation et supprimer les obstacles bureaucratiques. »
Le Fonds pour la compétitivité ne doit pas devenir un gaspillage de fonds publics
La délégation N-VA exprime des réserves quant à la création d’un Fonds pour la compétitivité. Van Overtveldt met en garde : « On parle d’un fonds de 500 milliards d’euros, similaire au Recovery and Resilience Fund. Mais sans un contrôle strict, cet argent risque surtout de bénéficier aux grandes entreprises établies et aux lobbies, au lieu d’aller aux start-ups innovantes dont l’Europe a réellement besoin. »
Van Dijck ajoute : « L’argent seul ne suffit pas. Nous avons besoin de réformes structurelles. Sans une stratégie efficace, ce fonds ne sera qu’une énième mesure symbolique. »
« L’Europe n’a plus le luxe de tergiverser. Sans un changement radical, nous risquons de devenir économiquement insignifiants », conclut Van Overtveldt.
Résumé : la vision de la N-VA pour renforcer la compétitivité de l’UE :
✔ Mise en place rapide de la neutralité technologique – l’innovation ne doit pas être entravée par des dogmes politiques.
✔ Plus de confiance dans les entrepreneurs – moins de bureaucratie, une application efficace des règles.
✔ Un vrai marché intérieur – avec un accent sur l’énergie, le transport et les marchés financiers.
✔ Une approche ciblée de l’innovation – création d’une agence européenne inspirée des ARPA américaines, et plus d’investissements privés dans les hautes technologies.
✔ Des marchés du travail et du capital plus flexibles – pour favoriser l’innovation et la croissance.