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La N-VA critique le discours sur l’état de l’Union : « Les grandes ambitions doivent aussi se concrétiser »
Dans son discours annuel sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté un large éventail de projets, notamment en matière de défense, de migration et de géopolitique. La délégation N-VA au Parlement européen se montre toutefois critique et souligne que les belles paroles ne suffisent pas. « Nous pouvons afficher de grandes ambitions, mais encore faut-il les concrétiser. »
La croissance économique, socle de la puissance géopolitique
Pour la N-VA, la croissance économique n’a pas occupé une place suffisante dans le discours. Or, selon le chef de délégation Johan Van Overtveldt, elle constitue le fondement de pratiquement toutes les autres ambitions européennes.
« Sans une croissance plus forte, nous pourrons afficher de grandes ambitions en matière de sécurité, de défense et de puissance géopolitique, mais nous ne serons pas en mesure de les concrétiser », prévient Johan Van Overtveldt.
Afin de permettre aux entreprises européennes de mieux rivaliser sur la scène internationale, la N-VA appelle à renforcer de toute urgence le marché intérieur, à lever les obstacles au commerce et à engager une vaste déréglementation.
Selon le parti, le budget européen doit également accorder davantage de moyens à la recherche, au développement et à l’innovation, tout en soutenant des investissements paneuropéens dans des secteurs stratégiques tels que les infrastructures énergétiques, la cybersécurité et les matières premières critiques.
« Si l’Europe veut renforcer sa position économique et géopolitique, nous devons investir ensemble dans les fondements de notre résilience stratégique », affirme Johan Van Overtveldt.
Les entrepreneurs attendent toujours que les choses changent
L’eurodéputé Kris Van Dijck constate lui aussi, sur le terrain, la nécessité de mener des réformes économiques. Selon lui, un fossé persistant sépare les promesses de la Commission européenne de la réalité vécue par les entrepreneurs.
« L’année dernière, nous avons entendu de belles promesses visant à renforcer la Compétitivité La mesure dans laquelle des entreprises implantées dans un pays peuvent faire concurrence aux mêmes entreprises dans un autre pays. Depuis 1996, il existe en Belgique une loi visant à surveiller la compétitivité. Elle dispose que les charges salariales ne peuvent pas évoluer plus rapidement que la moyenne de nos trois pays limitrophes. Le CCE (Conseil Central de l’économie) mesure chaque année si cet objectif est atteint. compétitivité de notre industrie. Aujourd’hui, je dois malheureusement constater que, dans les faits, presque rien n’a changé. La Commission européenne continue de sortir de son chapeau des règles contraignantes et peu claires. Donnons enfin à nos entreprises la marge de manœuvre dont elles ont tant besoin pour investir, innover et se développer », déclare Kris Van Dijck.
« L’Europe reste trop souvent prisonnière d’une politique d’annonces »
L’eurodéputée Assita Kanko constate ce même décalage entre les paroles et les résultats dans d’autres domaines. « Le discours de la présidente von der Leyen est resté trop axé sur l’émotion et les effets d’annonce. Il manque dès lors une politique ferme et concrète qui améliore réellement le quotidien des citoyens. »
Assita Kanko pointe notamment la politique migratoire européenne.
« Cette semaine encore, le groupe démocrate-chrétien au Parlement européen – la famille politique de la présidente von der Leyen – a refusé de soutenir une résolution des partis de droite qui critiquait la gestion de la crise de Ceuta par le gouvernement espagnol. En matière de migration, on ne peut évidemment pas obtenir des résultats de droite si l’on choisit de travailler uniquement avec les partis de gauche. »
Assita Kanko s’interroge également sur les nouveaux projets de la Commission visant à renforcer Frontex, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. « Il ne devrait pas seulement être question de moyens supplémentaires. Il faut désormais se pencher avant tout sur le mandat de Frontex. Trop souvent encore, on ne sait pas clairement ce que Frontex est autorisée ou non à faire sur le terrain. »
Un soutien, en revanche, à une meilleure protection des enfants en ligne
Tous les projets annoncés ne suscitent pas de critiques. La N-VA soutient l’ambition de mieux protéger les enfants contre les risques liés aux réseaux sociaux. La Commission a annoncé à cet effet un « Kids Act », qui prévoit notamment d’interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 13 ans et d’obliger les plateformes à démontrer que leurs services offrent un niveau de sécurité suffisant.
« C’est incontestablement une bonne chose et, dans les mois à venir, je contribuerai activement à l’élaboration de cette nouvelle législation. Je me suis déjà engagée dans la lutte contre les applications d’intelligence artificielle qui permettent de déshabiller virtuellement des femmes. Je veux désormais poursuivre ces efforts afin de mieux protéger les enfants en ligne », déclare Assita Kanko.
Une Europe plus forte sans marginaliser les plus petits acteurs
Enfin, Kris Van Dijck avertit qu’une Europe plus puissante ne doit pas avoir pour conséquence de réduire l’influence des petits États membres et des entités fédérées.
« Les petits États membres et les entités fédérées ne doivent pas être marginalisés par la puissance et les moyens financiers des grands États membres », conclut Kris Van Dijck. « L’intérêt européen ne doit pas devenir synonyme des seuls intérêts des grands pays. »