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La N-VA craint une commission d’enquête vidée de sa substance sur la fraude dans le logement social
Selon la N-VA, la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur le scandale du foyer anderlechtois risque de passer complètement à côté de son objectif. Le parti réagit vivement à la décision de la majorité bruxelloise de restreindre le mandat de la commission et d’en limiter strictement la durée. « Nous risquons de nous retrouver avec une commission de façade qui évite soigneusement d’aborder le véritable problème », déclare le député bruxellois Mathias Vanden Borre.
L’examen du cœur de l’affaire abandonné
Mathias Vanden Borre constate que la majorité a précisément supprimé du mandat les volets portant sur les accusations les plus graves révélées par l’émission Pano. « La commission d’enquête n’est désormais plus autorisée à examiner de manière autonome les accusations de clientélisme, d’ingérences politiques, de fraude électorale, de corruption, de manipulation de dossiers et de détournement de moyens publics. Pourtant, ce sont précisément ces éléments qui se trouvaient au centre des révélations », souligne-t-il.
La N-VA s’interroge également sur le calendrier imposé. La commission devra remettre son rapport final au plus tard le 21 juillet, sans aucune possibilité de prolongation. « Une commission d’enquête implique l’examen de centaines de dossiers, de milliers de pages et l’organisation de dizaines d’auditions. La commission d’enquête sur le Samusocial a travaillé pendant plus de six mois. Cette approche n’est absolument pas sérieuse », estime Mathias Vanden Borre.
« Le PS impose sa volonté »
Pour la N-VA, cette manière de procéder illustre surtout l’emprise persistante du PS sur la politique bruxelloise. Mathias Vanden Borre reproche au MR et à Les Engagés d’avoir modifié leur propre proposition sous la pression des socialistes.
Le chef de groupe bruxellois Gilles Verstraeten va encore plus loin : « Le PS parvient, alors même qu’il est au cœur des accusations, à imposer sa volonté par le chantage et les menaces de représailles à l’encontre des partis de la majorité. Le ton est donné pour la suite : chaque fois qu’un témoin sera convoqué ou que des documents susceptibles de mettre le PS en difficulté seront demandés, il suffira d’exercer une pression sur la majorité. Une telle situation est digne d’une république bananière. Aujourd’hui, il aurait fallu tracer une ligne rouge. La majorité a fait preuve de lâcheté. »
Une transparence totale
La N-VA demande que la commission d’enquête dispose du temps et des moyens nécessaires pour établir toute la vérité. Selon le parti, les locataires des logements sociaux, les plus de 60 000 familles inscrites sur les listes d’attente ainsi que les lanceurs d’alerte du secteur ont tous droit à des réponses claires.
« Soit on veut connaître la vérité et l’on donne à la commission le temps nécessaire pour mener son travail à bien. Soit on organise une simple formalité destinée à étouffer l’affaire. La N-VA choisit résolument la voie de la vérité », conclut Mathias Vanden Borre.