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Johan Van Overtveldt sur le budget : « Si l’on n’arrête pas la boule de neige des intérêts, on risque un scénario à la grecque »
Dans l’émission De Zevende Dag, Johan Van Overtveldt, député européen et ancien ministre des Finances, s’est exprimé sur l’alourdissement de la charge d’intérêts et sur l’urgence de l’assainissement budgétaire auquel la Belgique doit s’atteler. Sa conclusion est sans appel : « Le plan visant à réaliser 10 milliards d’euros d’économies est absolument indispensable. »
Le danger de la boule de neige des intérêts
Les tensions internationales en Ukraine et au Moyen-Orient, conjuguées aux fluctuations des marchés financiers et pétroliers, ne sont pas sans conséquences pour un petit pays à l’économie ouverte comme la Belgique. Johan Van Overtveldt souligne que le taux belge à dix ans a récemment dépassé les 4 %, atteignant son plus haut niveau depuis plusieurs années. « Lorsque la charge d’intérêts devient supérieure à la croissance économique et à l’inflation combinées, on assiste à un effet boule de neige des intérêts », explique Johan Van Overtveldt.
Une fois cette boule de neige enclenchée, la charge d’intérêts devient telle que la dette publique continue d’augmenter même avec un budget à l’équilibre. Pour éviter tout dérapage, il faut agir rapidement et avec détermination. « Nous devons éviter de basculer dans une crise de la dette et de perdre la confiance des marchés financiers », avertit l’ancien ministre des Finances. « Si l’on n’arrête pas cette boule de neige, on risque de se retrouver dans une situation comparable à celle qu’ont connue la Grèce ou l’Argentine. »
Préserver la Compétitivité La mesure dans laquelle des entreprises implantées dans un pays peuvent faire concurrence aux mêmes entreprises dans un autre pays. Depuis 1996, il existe en Belgique une loi visant à surveiller la compétitivité. Elle dispose que les charges salariales ne peuvent pas évoluer plus rapidement que la moyenne de nos trois pays limitrophes. Le CCE (Conseil Central de l’économie) mesure chaque année si cet objectif est atteint. compétitivité
Dans le débat sur les économies à réaliser, Johan Van Overtveldt met en garde contre des coupes irréfléchies dans les aides aux entreprises. Environ deux tiers de ces moyens servent à réduire le coût du travail, notamment pour le travail en équipes et les heures supplémentaires.
« Si vous réduisez ces dispositifs, vous provoquerez une explosion des coûts salariaux qui mettra certaines de nos entreprises en difficulté. Et, plus inquiétant encore, cela les poussera à terme à investir de plus en plus dans des technologies destinées à remplacer le travail humain », explique Johan Van Overtveldt.
Il rejette également les propositions visant à revoir à la baisse le régime fiscal des voitures de société. « Cela provoquerait une grave rupture de confiance entre les citoyens et le monde politique. La N-VA n’est certainement pas demandeuse d’une telle mesure. »
Réformer pour générer une véritable croissance économique
Outre la réduction des dépenses publiques et la maîtrise de la hausse des coûts, notamment dans les soins de santé, la solution durable passe, selon Johan Van Overtveldt, par une relance de la croissance économique. « Nous devons libérer les entrepreneurs d’obligations absurdes qui, trop souvent, étouffent l’initiative économique. »
Dans le même temps, il s’oppose à toute nouvelle taxation du capital ou à l’instauration d’un Impôt sur la fortune L’impôt sur la fortune est un impôt direct qui est levé sur le patrimoine, indépendamment des revenus que l’on en retire. Alors qu’autrefois, un patrimoine se composait essentiellement de biens immeubles, il comporte aujourd'hui surtout des actions et des obligations. L’inconvénient d’un tel impôt réside dans la mobilité des patrimoines qui engendre un tourisme fiscal. À cela s’ajoute le fait que les revenus ont déjà été imposés. C’est la raison pour laquelle l’analyse coûts-bénéfices d’un impôt sur la fortune est souvent contestée, également par la N-VA. impôt sur la fortune . « Il ne faut pas effrayer ceux qui font tourner notre économie en leur imposant de nouvelles taxes sur le capital, alors que celles-ci figurent déjà parmi les plus élevées d’Europe en Belgique », conclut Johan Van Overtveldt.