Johan Van Overtveldt : « L’Europe doit répondre aux pratiques chinoises par des droits de douane »

6 octobre 2026

À l’approche du sommet européen de la semaine prochaine, le chef de délégation Johan Van Overtveldt a appelé, lors du débat au Parlement européen, l’Europe à agir enfin avec fermeté face à la concurrence structurellement déloyale de la Chine. Selon Johan Van Overtveldt, l’Europe doit sérieusement envisager l’instauration d’un droit de douane général d’au moins 10 % sur les importations chinoises.

« L’Europe a été naïve pendant bien trop longtemps. Si la Chine fausse structurellement les conditions de concurrence, nous devons être prêts à nous défendre. »

La perte de Compétitivité La mesure dans laquelle des entreprises implantées dans un pays peuvent faire concurrence aux mêmes entreprises dans un autre pays. Depuis 1996, il existe en Belgique une loi visant à surveiller la compétitivité. Elle dispose que les charges salariales ne peuvent pas évoluer plus rapidement que la moyenne de nos trois pays limitrophes. Le CCE (Conseil Central de l’économie) mesure chaque année si cet objectif est atteint. compétitivité de l’économie européenne figure en bonne place à l’agenda politique. Les prix extrêmement élevés de l’énergie y contribuent largement, mais pour Johan Van Overtveldt, la concurrence fondamentalement déloyale des exportateurs chinois représente une menace au moins aussi importante pour l’industrie et la prospérité européennes.

« Le libre-échange reste l’un des moteurs les plus puissants du progrès économique et social, mais uniquement si tout le monde respecte les mêmes règles », affirme Johan Van Overtveldt. « Depuis des années, la Chine bafoue délibérément ces règles fondamentales afin de renforcer sa puissance industrielle. L’Europe ne peut pas continuer à faire comme s’il s’agissait du fonctionnement normal du marché. »

Un déficit commercial qui ne cesse de se creuser

Pour Johan Van Overtveldt, les chiffres du commerce extérieur montrent clairement l’urgence de la situation. L’an dernier, le déficit commercial de l’Europe avec la Chine s’élevait à environ 360 milliards d’euros. La Chine a exporté pour 571 milliards d’euros de marchandises vers l’Union européenne, contre quelque 200 milliards d’euros d’exportations européennes vers la Chine. Selon les chiffres communiqués, le déficit devrait atteindre au moins 400 milliards d’euros cette année.

« Il ne s’agit plus depuis longtemps de quelques produits bon marché dont profiteraient les consommateurs européens. Des pans entiers de notre industrie sont soumis à une pression considérable : l’automobile, la construction mécanique, les batteries ou encore les composants destinés aux énergies renouvelables. Si nous n’agissons pas aujourd’hui, nous risquons de constater demain que des capacités industrielles essentielles ont définitivement disparu d’Europe. »

Une concurrence structurellement déloyale

Johan Van Overtveldt pointe quatre mécanismes par lesquels la Chine fausse structurellement les conditions de concurrence internationale : des subventions publiques massives, la fermeture de son marché intérieur, une monnaie artificiellement sous-évaluée et des violations à grande échelle des droits de propriété intellectuelle.

« On attend des entreprises européennes qu’elles affrontent, sur un marché ouvert, des concurrents bénéficiant d’un soutien massif de l’État, alors que nos propres entreprises peinent dans le même temps à accéder au marché chinois. Ce ne sont pas des conditions de concurrence équitables. L’Europe doit cesser de faire de la naïveté une politique commerciale. »

Un droit de douane d’au moins 10 %

Johan Van Overtveldt appelle dès lors à un débat de fond sur l’instauration d’un droit de douane général d’au moins 10 % sur les importations chinoises.

« Un droit de douane d’au moins 10 % doit être mis sur la table comme point de départ. Non pas comme une fin en soi, mais pour faire comprendre clairement à Pékin que l’Europe n’est plus disposée à accepter la remise en cause systématique de conditions de concurrence équitables. Négocier lorsque c’est possible, agir lorsque c’est nécessaire. »

Selon Johan Van Overtveldt, les recettes générées par un tel droit de douane pourraient en outre contribuer à faire face aux défis budgétaires croissants de l’Union européenne.

Le risque que la Chine réagisse par des mesures de rétorsion ne constitue pas, à ses yeux, une raison de rester inactif.

« Bien sûr qu’il existe un risque de réaction. Mais l’inaction a elle aussi un prix. La question n’est pas de savoir si agir face à la Chine peut entraîner des coûts. La véritable question est de savoir à quel point le coût économique et stratégique sera plus élevé si l’Europe continue de regarder sans intervenir. »

L’Europe doit aussi faire ses propres réformes

Les mesures commerciales ne suffiront toutefois pas, à elles seules, à rétablir la compétitivité européenne. Johan Van Overtveldt souligne donc également la nécessité de renforcer le marché intérieur, de mettre en place une véritable union européenne des marchés de capitaux, d’adopter une politique de concurrence davantage axée sur la croissance et de poursuivre les efforts de simplification et de déréglementation. Les États membres doivent eux aussi mieux stimuler l’investissement à travers leurs politiques fiscales et réglementaires.

« L’Europe doit remédier à ses propres faiblesses tout en se défendant contre la concurrence déloyale venue de l’extérieur », conclut Johan Van Overtveldt.

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