L’Europe investit trop peu dans la sécurité et trop pour la Turquie

31 mai 2017
Europe investing too little in security and too much in Turkey

Dans son projet de budget pour 2018, l’Union européenne prévoit plus de 160 milliards d’euros de dépenses : un record historique. « Alors que l’ensemble des États membres doivent épargner, pour l’Europe, c'est toujours plus, plus, plus. Je me demande bien comment cette décision pourrait renforcer le soutien envers l’Union. D’autant plus que les investissements au niveau de la sécurité sont une nouvelle fois insuffisants », regrette l’eurodéputé Sander Loones. « La décision de verser 640 millions à la Turquie en 2018 est quant à elle inexplicable. Pour cette seule et unique raison, je pars du principe que les autres membres du Parlement européen décideront d’appuyer sur la pédale de frein avec la N-VA. »

« L’Europe a le devoir de définir avec les États membres une politique qui protège au mieux les citoyens contre le terrorisme », estime Loones. « Nous ne voyons toutefois pas cette priorité dans le budget. » Ainsi, la Commission européenne prévoit de ne consacrer que 2,2 % du budget total à des mesures de sécurité en 2018. « C'est totalement insuffisant. Si l’on ajoute les mesures visant à renforcer la politique d’asile, on arrive à 8,2 % du budget total », explique Loones.

Dans le même temps, l’Europe continue de verser d’énormes sommes d’argent à la Turquie : 640 millions d’aide à l’adhésion, dont une augmentation du budget à 217 millions d’euros pour des réformes politiques. « À qui l’UE va-t-elle donner cet argent ? », se demande Loones. « Il disparaîtra tout simplement dans une Turquie autocratique. L’Europe pourrait utiliser cet argent de manière bien plus efficace afin de renforcer la surveillance de ses frontières. »

Forte valeur ajoutée

« Le projet de budget proposé ménage une nouvelle fois la chèvre et le chou », explique l’eurodéputée Anneleen Van Bossuyt. « Des économies à tous les niveaux semblent suffire. Nous avons pourtant besoin d’une Union qui ose faire des choix et qui investit prioritairement dans des domaines qui présentent une véritable valeur ajoutée. » Elle cite l’exemple du programme d’échange Erasmus+, qui bénéficie d'une augmentation de budget de 9,5 % par rapport à 2017. « La formation et l’enseignement sont essentiels pour le développement des jeunes et l’amélioration de leurs perspectives sur le marché du travail. En outre, Erasmus+ est plus efficace à long terme par rapport aux initiatives de l’UE afin de réduire le chômage des jeunes. »

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