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Lieve Truyman dénonce le gaspillage immobilier de l’État fédéral : « Plus de nouveaux baux tant que l’État dispose de bâtiments adaptés qui restent inoccupés »
Alors que le gouvernement fédéral doit faire des choix difficiles pour assainir les finances publiques, l’État continue de dépenser chaque année des dizaines de millions d’euros pour des bâtiments inoccupés ou sous-utilisés. Selon les chiffres obtenus par la députée fédérale Lieve Truyman, 33 millions d’euros sont ainsi dépensés chaque année en loyers, taxes sur les immeubles inoccupés, frais d’entretien, de réparation et de gardiennage.
« Comment justifier cela auprès des contribuables ? La Régie des Bâtiments possède des immeubles qui restent vides, loue en parallèle d’autres bâtiments qui ne sont pas utilisés et paie ensuite des taxes sur leur inoccupation. C’est complètement aberrant. Pour la N-VA, les choses sont claires : la Régie ne doit plus conclure de nouveaux baux tant que l’État dispose lui-même de bâtiments adaptés qui restent inoccupés », déclare Lieve Truyman.
Même des surfaces louées restent inoccupées
La Régie des Bâtiments gère 2 311 bâtiments, représentant une superficie au sol de plus de 7 millions de m². Environ deux tiers de ce patrimoine appartiennent à l’État, tandis que le tiers restant est loué pour héberger les différents services publics fédéraux.
Pourtant, une part importante de ce patrimoine reste inoccupée. Au total, cela représente plus de 382 000 m², soit l’équivalent de plus de 53 terrains de football inutilisés. Sur cette superficie, 215 238 m² appartiennent à l’État. À cela s’ajoutent 155 323 m² de surfaces louées qui restent également vides. Certains bâtiments sont même inoccupés depuis plus de cinq ans. Plus d’un tiers de ces surfaces se trouvent en Région de Bruxelles-Capitale.
Des taxes sur les bâtiments inoccupés
La facture ne se limite donc pas aux loyers : l’État fédéral paie également des taxes sur ses bâtiments et espaces de bureaux inoccupés. C’est surtout le budget bruxellois qui en bénéficie. En 2025, 931 819 euros de taxes sur les immeubles inoccupés ont été versés à Bruxelles, contre 320 255 euros en Flandre. Aucun chiffre n’a été communiqué pour la Wallonie concernant l’année 2025.
Ces montants ne concernent par ailleurs que les sites entièrement inoccupés : les bâtiments partiellement vides ne sont pas pris en compte. Si les taxes sur les immeubles inoccupés ont diminué par rapport à 2023, les sommes en jeu restent considérables.
Les frais d’entretien, de réparation et de sécurisation des bâtiments inoccupés viennent encore alourdir la facture. À Bruxelles, ces dépenses sont passées de 95 838 euros en 2024 à 264 614 euros en 2025. En Flandre, elles ont atteint 104 389 euros en 2025, contre 430 661 euros en Wallonie. Au total, cela représente près de 800 000 euros de frais d’entretien, de réparation et de gardiennage pour des sites entièrement inoccupés.
Créer un registre immobilier transparent
Face à cette situation, Lieve Truyman demande à l’État fédéral de procéder à un examen approfondi de son propre portefeuille immobilier avant de conclure de nouveaux baux. Il faut également définir une stratégie pour chaque bâtiment inoccupé depuis une longue période : le réutiliser, le rénover, lui trouver une occupation temporaire ou le vendre. Cette démarche sera indispensable pour réaliser, d’ici 2029, les 250 millions d’euros d’économies prévus dans l’accord de gouvernement.
« En Flandre, nous disposons d’un registre des subventions accessible à tous. Pourquoi ne pas faire de même pour le patrimoine immobilier de l’État fédéral ? Cela permettrait de mettre plus rapidement en lumière les dysfonctionnements », explique Lieve Truyman.
« Aujourd’hui, les pouvoirs publics disposent de plus d’informations que jamais pour gérer leur patrimoine immobilier de manière plus efficace. Encore faut-il que ces informations débouchent sur des décisions concrètes. Un bâtiment qui reste vide pendant des années doit être utilisé, vendu ou réaffecté. Continuer à payer sans avoir de plan, ce n’est pas une politique de gestion réfléchie. »