Michael Freilich réclame des mesures concrètes contre le phishing : « Les victimes ne doivent plus être livrées à elles-mêmes »

8 octobre 2026

« Le phishing ne se résume plus à quelques personnes distraites qui tombent dans le piège d'un e-mail suspect. Nous sommes face à une criminalité organisée qui fait de nouvelles victimes chaque jour. Il ne suffit donc plus d'apprendre aux citoyens à ne pas cliquer sur des liens douteux. Il faut surtout s'attaquer plus fermement aux criminels qui se cachent derrière ces circuits financiers. » Le député fédéral Michael Freilich plaide pour des mesures concrètes afin de lutter contre le phishing.

Le phishing reste une forme de criminalité financière particulièrement tenace. Une récente audition à la Chambre a mis en lumière plusieurs failles dans la protection des victimes ainsi que dans la coopération entre les banques, les autorités publiques et les services de police. Face à ce constat, le député fédéral Michael Freilich appelle à renforcer la lutte contre le phishing par des mesures concrètes.

Quelles mesures Michael Freilich propose-t-il pour lutter contre le phishing ?

Bloquer plus rapidement les transactions frauduleuses

Michael Freilich plaide pour un blocage plus rapide des comptes frauduleux et des transactions suspectes, avant que les fonds ne disparaissent définitivement. Les banques doivent pouvoir détecter les opérations inhabituelles et intervenir à temps.

Pour y parvenir, elles pourraient notamment tenir compte du moment où une transaction est effectuée. Un virement d'un montant exceptionnellement élevé réalisé en pleine nuit pourrait, par exemple, se voir attribuer un niveau de risque supérieur à celui d'un paiement habituel effectué pendant les heures de bureau.

La destination des fonds constitue également un indicateur important. Un virement vers un bénéficiaire habituel ne présente pas le même profil de risque qu'un transfert international soudain et important vers un compte situé dans un pays auquel le client n'a jamais envoyé d'argent auparavant.

Il convient également d'évaluer le montant de la transaction au regard des habitudes de paiement du client.

Slow banking : faut-il allonger le délai d'attente ?

Michael Freilich considère le slow banking comme une avancée dans la bonne direction, mais s'interroge sur l'efficacité d'un délai d'attente de quatre heures dans toutes les situations.

Il invite dès lors le secteur bancaire à examiner la possibilité de prolonger ce délai dans certains cas, notamment lorsqu'une demande de virement est introduite pendant les heures de bureau.

Mieux protéger les victimes

Les personnes victimes de phishing doivent être informées plus rapidement de leurs droits et des possibilités de récupérer les sommes perdues.

La notion de « négligence grave » reste un point central du débat. « Il faut aussi se demander à partir de quel moment la négligence n'est plus seulement celle du client, mais également celle de la banque », souligne Michael Freilich.

Le député fait notamment référence aux témoignages recueillis lors de l'audition, qui ont révélé que certaines banques exécutent des transactions s'écartant manifestement des habitudes de paiement de leurs clients, malgré des signaux d'alerte évidents.

Renforcer la lutte contre les mules financières

Les criminels recourent de plus en plus à des comptes bancaires appartenant à des intermédiaires pour faire transiter et dissimuler des fonds frauduleux. Les banques et les services de police doivent pouvoir repérer plus rapidement ces réseaux de comptes suspects.

Responsabiliser davantage le secteur financier

Les banques disposent déjà des technologies nécessaires pour identifier les opérations et les comportements suspects. Selon Michael Freilich, elles doivent exploiter pleinement ces outils afin de mieux protéger leurs clients.

Le député rappelle toutefois que la responsabilité de la lutte contre le phishing ne peut pas reposer uniquement sur les établissements bancaires. Les clients ont eux aussi un rôle à jouer.

À ses yeux, un système garantissant une protection intégrale des consommateurs en toutes circonstances pourrait entraîner un phénomène d'aléa moral (moral hazard) : certains utilisateurs risqueraient alors de se montrer moins vigilants dans la gestion de leurs données personnelles et financières.

D'autres acteurs doivent également prendre leurs responsabilités. Michael Freilich pointe notamment du doigt les plateformes de réseaux sociaux, sur lesquelles continuent de circuler des publicités frauduleuses usurpant l'image de personnalités connues pour tromper les internautes.

Une stratégie coordonnée et cohérente contre le phishing

Pour Michael Freilich, il est essentiel de mettre en place une approche uniforme, cohérente et coordonnée de la lutte contre le phishing.

Cette stratégie doit également s'inscrire dans le cadre réglementaire européen afin d'éviter une fragmentation des règles et des pratiques entre les différents États membres.

Dès 2021, Michael Freilich avait déjà pris une initiative parlementaire visant à lutter contre le phishing et la cyberfraude impliquant des mules financières. Sa résolution avait été adoptée à l'unanimité par la Chambre des représentants en février 2022.

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