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Les agressions contre le personnel de la SNCB ont entraîné deux fois plus d’heures d’incapacité de travail en un an
En 2025, les agressions contre le personnel de la SNCB ont entraîné 95 336 heures d’incapacité de travail, soit plus du double de l’année précédente. Cela représente 261 heures de travail perdues par jour. Le nombre de dossiers d’incapacité de travail liés à des agressions a également fortement augmenté. « Les accompagnateurs de train et les agents de Securail doivent pouvoir exercer leur métier sans craindre les insultes, les menaces ou les violences. Les caméras-piétons peuvent contribuer à mieux les protéger », déclare la députée fédérale Dorien Cuylaerts (N-VA), qui a obtenu ces chiffres auprès du ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke.
Le nombre d’agressions augmente de près d’un quart
En 2024, la SNCB avait enregistré 2 102 agressions contre des membres de son personnel. En 2025, ce chiffre est passé à 2 602, soit une hausse de près de 24 %. Mais les conséquences pour le personnel se sont aggravées bien plus rapidement. En 2024, les agressions avaient donné lieu à 312 dossiers d’incapacité de travail, pour un total de 47 256 heures perdues. En 2025, ces chiffres ont grimpé à 489 dossiers et 95 336 heures.
Le nombre de dossiers a ainsi augmenté de près de 57 %, tandis que le nombre total d’heures d’incapacité de travail a plus que doublé. La durée moyenne d’incapacité est également passée de 151 à environ 195 heures par dossier.
« Le nombre d’incidents augmente de près d’un quart, mais le nombre d’heures de travail perdues bondit de plus de 100 %. Cet écart est frappant. Il montre à quel point les agressions peuvent avoir de lourdes conséquences pour les personnes qui en sont victimes », souligne Dorien Cuylaerts.
Les accompagnateurs de train et les agents de Securail particulièrement touchés
En 2025, les accompagnateurs de train ont été les plus exposés aux agressions, avec 1 484 incidents recensés par la SNCB. Les agents de Securail arrivent ensuite, avec 791 incidents. La SNCB a également enregistré 213 agressions contre des guides de mobilité et 104 contre des membres du personnel des gares.
Les chiffres relatifs à la prise en charge des victimes témoignent eux aussi de l’ampleur du problème. En 2025, les intervenants psychosociaux internes ont effectué 1 167 interventions. Par ailleurs, le partenaire externe Pulso a assuré 225 premiers entretiens et 193 parcours d’accompagnement. Dans 65 % des cas, la demande de soutien faisait suite à une agression.
Un plan directeur de lutte contre les agressions
La SNCB poursuit la mise en œuvre de son plan directeur de lutte contre les agressions. Celui-ci prévoit notamment une amélioration de l’enregistrement et du suivi des incidents, un renforcement de la collaboration avec la police et les parquets, des actions conjointes sur le terrain ainsi qu’un accompagnement des victimes, depuis le dépôt de plainte jusqu’au suivi judiciaire.
Il est temps de déployer les caméras-piétons et les portiques d’accès
Dorien Cuylaerts plaide également depuis longtemps pour que les agents de Securail soient équipés de caméras-piétons. En mai, le gouvernement fédéral a approuvé un avant-projet de loi visant à créer le cadre juridique nécessaire à leur utilisation. Leur déploiement concret est encore en préparation.
« Ces chiffres montrent clairement qu’il faut accélérer le mouvement. Les accompagnateurs de train et les agents de Securail sont en première ligne au quotidien. Ils doivent interpeller les voyageurs, contrôler les titres de transport et intervenir lorsque des situations dégénèrent. Ils doivent pouvoir faire leur travail sans craindre les insultes, les menaces ou les violences.
Les caméras-piétons peuvent contribuer à prévenir les incidents, à documenter objectivement les faits et à mieux protéger le personnel. Mais nous devons aussi agir en amont pour éviter que les conflits n’éclatent. L’installation de portiques d’accès peut contribuer à réduire la fraude et à limiter les confrontations lors des contrôles de billets.
La sécurité dans nos gares et à leurs abords doit rester une priorité permanente », conclut Dorien Cuylaerts.