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La N-VA veut imposer une exigence linguistique aux médecins et dentistes : « Travailler en Flandre implique de parler néerlandais »
Toute personne souhaitant exercer comme médecin ou dentiste en Flandre devrait maîtriser le néerlandais. Tel est le principe d’une proposition de loi présentée aujourd’hui en commission Santé par la députée fédérale Frieda Gijbels. Selon elle, l’afflux croissant de professionnels de santé titulaires d’un diplôme étranger exerce une pression non seulement sur la qualité des soins, mais aussi sur les possibilités offertes aux étudiants flamands d’entamer des études de médecine ou de dentisterie.
Une hausse continue des diplômes étrangers
Le nombre de médecins et de dentistes diplômés à l’étranger ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années. En dentisterie, un tiers des candidats ayant demandé un numéro INAMI L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) est une institution publique fédérale qui organise les soins de santé, une partie de la sécurité sociale. L’Institut se compose de quatre services principaux : Soins de santé, Indemnités, Évaluation et contrôle médicaux et Contrôle administratif. Des représentants des travailleurs, des employeurs, des mutualités et des dispensateurs de soins travaillent pour l’INAMI. Plusieurs partis flamands sont faveur d’un transfert des soins de santé vers les communautés. INAMI en 2022 étaient titulaires d’un diplôme étranger. Chez les médecins, le seuil des 10 000 diplômes étrangers reconnus a récemment été dépassé.
Pour Frieda Gijbels, cette évolution a des répercussions tant sur la qualité des soins que sur l’accès aux études de médecine et de dentisterie.
« De bons soins commencent par une bonne compréhension mutuelle »
Par cette proposition de loi, Frieda Gijbels souhaite obliger les médecins et dentistes à maîtriser la langue de la région linguistique dans laquelle ils entendent exercer.
« Des soins de qualité ne sont possibles que lorsque le prestataire de soins et le patient se comprennent parfaitement », souligne-t-elle. « La confiance est un élément essentiel de la qualité des soins. Elle se construit grâce à une communication claire, humaine et empreinte d’empathie. Un professionnel de la santé doit également être capable de percevoir ce qui se cache entre les lignes afin de comprendre ce que le patient veut réellement exprimer. »
Aujourd’hui, les professionnels de santé titulaires d’un diplôme étranger doivent uniquement démontrer leur connaissance de l’une des trois langues nationales. La N-VA souhaite remplacer ce système par une exigence directement liée à la région où l’intéressé exerce son activité.
Concrètement, un médecin ou un dentiste diplômé à l’étranger qui souhaite travailler en Flandre devrait prouver sa maîtrise du néerlandais. « Nous ne fermons la porte à personne souhaitant s’établir en Belgique », précise Frieda Gijbels. « Mais une personne qui ne parle que le français ne pourrait pas exercer en Flandre. C’est une exigence minimale que l’on est en droit d’attendre d’un prestataire de soins. »
Davantage d’opportunités pour les étudiants flamands
Selon la N-VA, cette mesure aurait également pour effet de limiter l’accès des titulaires de diplômes étrangers, offrant ainsi davantage de perspectives aux étudiants flamands désireux d’entamer des études de médecine ou de dentisterie.
Frieda Gijbels rappelle que les médecins et dentistes diplômés à l’étranger ne sont pas soumis au système belge de contingentement. Ils viennent s’ajouter au nombre de numéros INAMI attribués aux diplômés belges dans le cadre des quotas existants.
Ils sont toutefois comptabilisés parmi les professionnels de santé actifs. Cette situation réduit mécaniquement le nombre de numéros INAMI disponibles pour les étudiants formés en Belgique.
« Avec cette proposition, nous resserrons les conditions d’accès pour les diplômes étrangers dans le secteur des soins de santé, nous offrons davantage de chances à nos propres étudiants et nous garantissons des soins en néerlandais en Flandre », conclut Frieda Gijbels.