Vous êtes ici
Valérie Van Peel : « Plus de seconde chance pour les auteurs de maltraitance infantile : nous devons protéger nos enfants »
La N-VA veut mettre fin au manque criant de suivi des auteurs condamnés pour maltraitance infantile. À travers une nouvelle proposition de loi, le parti souhaite instaurer une interdiction de contact avec des enfants pour les auteurs qui représentent encore un danger après avoir purgé leur peine. « Il faut absolument empêcher que des auteurs, sans la moindre prise de conscience de leurs actes, puissent faire de nouvelles victimes », déclare la présidente de la N-VA, Valérie Van Peel.
Aujourd’hui, un enfant sur dix est confronté à la maltraitance. Malgré les condamnations, le suivi des auteurs après leur peine reste souvent totalement insuffisant. La N-VA veut combler cette lacune juridique en instaurant une interdiction de contact applicable tant dans le cadre professionnel que privé.
Pas de prise de conscience, pas de contact
Pour Valérie Van Peel, cette mesure est indispensable, car trop d’auteurs récidivent tout simplement. Elle évoque notamment des affaires dramatiques comme celle du petit Dean, dont l’assassin avait déjà purgé une peine pour le meurtre d’un autre enfant. « Il existe encore beaucoup trop de cas de maltraitants qui font de nouvelles victimes pendant des années, parfois même au sein de nouvelles familles », souligne-t-elle. « Même après leur peine, les auteurs qui ne montrent aucun remords doivent pouvoir faire l’objet d’un suivi dans leurs contacts avec des enfants. »
Selon elle, l’absence totale de repentir chez certains auteurs est révoltante. Elle se souvient notamment du procès concernant la petite Xena, victime de maltraitances durant plusieurs mois : « Je n’y ai vu aucune prise de conscience. La seule émotion exprimée est apparue au moment du prononcé de leur peine. Aujourd’hui, ces personnes circulent librement sans aucun suivi. Cela doit cesser. »
Un nouvel outil pour les juges
La proposition de loi, défendue au Parlement par la députée Sophie De Wit, permettrait aux juges d’imposer une interdiction de contact de quinze ans, renouvelable sur la base d’une analyse de risque. L’un des principaux avantages du dispositif réside dans l’inversion de la charge de la preuve.
« Aujourd’hui, les victimes peinent déjà à faire reconnaître les faits. Avec cette interdiction, il n’y a plus rien à prouver : le simple fait pour l’auteur de se trouver à proximité d’enfants constitue en soi une infraction. »
La société de demain
La maltraitance infantile ne détruit pas seulement des vies individuelles : elle fragilise toute la société. Valérie Van Peel rappelle que les enfants victimes de violences souffrent plus fréquemment, plus tard, de problèmes de santé et de comportements criminels.
« Ce sont les fondations mêmes de la société de demain qu’on laisse se briser encore et encore. Je défends depuis longtemps une autre logique : donnons des chances aux enfants plutôt qu’aux auteurs. »
La proposition figure désormais dans l’accord de gouvernement fédéral. Avec cette initiative, la N-VA entend franchir une étape essentielle en faisant primer la sécurité des enfants sur la liberté de mouvement des récidivistes dangereux.