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Theo Francken après le reportage de Pano : « Tout s’est déroulé correctement »
À la suite du récent reportage de Pano sur les incidents impliquant des drones dans notre pays, le ministre de la Défense Theo Francken a pris la parole à la Chambre. Il a fermement rejeté les insinuations d’ententes sur les prix et de favoritisme, tout en soulignant l’absolue nécessité d’investir rapidement dans la sécurité nationale.
L’accélération des investissements dans la défense anti-drones fait suite à un pic exceptionnel d’incidents à l’automne dernier. Bien que certaines alertes se soient révélées être des faux positifs, le ministre a insisté sur la gravité de la situation : « Des dizaines de signalements ont, après une analyse approfondie du service de renseignement militaire ADIV, été considérés avec une forte probabilité comme des drones. Ces observations ne sont pas isolées, mais s’inscrivent dans un contexte plus large, marqué également par une hausse des cyberattaques et d’incidents similaires liés aux drones et à la sécurité dans d’autres pays européens. » Par ailleurs, le pays était ciblé en raison du rôle d’Euroclear dans la libération d’avoirs russes.
Ni fuite ni mensonge
Theo Francken a également répondu aux critiques concernant la diffusion d’images à la presse. Il a souligné la différence entre une communication proactive et une réponse à des questions de journalistes. Ainsi, après la fermeture de l’aéroport de Zaventem, des images non classifiées ont été transmises à un journaliste : « À ce moment-là, nos experts ont confirmé qu’il s’agissait d’un drone. »
Même si ces images se sont révélées par la suite être celles d’un hélicoptère de police à la recherche du drone en question, le ministre nie toute intention malveillante : « Il n’est donc absolument pas question de fuite, encore moins de mensonge ou de volonté de semer la panique. »
Les manquements de la législature précédente
Le ministre Francken s’est montré particulièrement critique à l’égard de la politique menée lors de la législature précédente, qu’il estime avoir laissé le pays vulnérable. « La crise des drones a démontré que, notamment en raison de l’attitude dogmatique du parti Groen durant la législature précédente, la Défense n’a pu réaliser aucun investissement dans les moyens de détection et de neutralisation de drones. Elle ne disposait donc pas des ressources nécessaires pour faire face à cette menace. »
Un plan d’action d’urgence a dès lors été élaboré. Theo Francken a insisté sur le respect strict des règles, via une procédure négociée sans publication, comme le prévoit la loi : « Cette procédure peut être utilisée lorsque l’urgence rend impossible l’organisation d’un appel d’offres classique. Aucune loi n’a été contournée. »
« Le dossier a été transmis dans son intégralité, y compris l’avis de l’Inspection des Finances, à la commission parlementaire des achats militaires, comme il se doit. » Cette commission a rendu un avis unanimement positif, à une abstention près. Même l’opposition, aujourd’hui très critique, avait donc soutenu le dossier.
Des prix conformes au marché pour une technologie de pointe
Le reportage de Pano suggérait que la Défense avait surpayé certains équipements. Le ministre a réfuté ces accusations en s’appuyant sur des chiffres. Il a notamment reproché à Pano de comparer des éléments incomparables, en estimant le prix d’un intercepteur Blaze sur la base du coût supposé d’un drone iranien SHAHED divisé par dix. « Ce que la Défense achète dépasse largement le simple “intercepteur” : il s’agit d’un système complet, incluant formation et support », a précisé Theo Francken. « De plus, des factures de référence montrent que la Belgique a payé moins que d’autres pays. »
Concernant les antennes Senhive acquises, le ministre affirme que les prix pratiqués sont conformes au marché pour la version avancée (SEN PRO), ce qui a été confirmé par des comparaisons internationales.
« Des accusations infondées et déplacées »
Enfin, Theo Francken a réagi aux insinuations de favoritisme. Il a précisé qu’une promenade très commentée avec le CEO de Senhive avait eu lieu en janvier 2025, avant sa prise de fonction ministérielle, à une époque où l’intéressé exerçait encore comme scientifique.
Le ministre a qualifié les accusations de corruption de « basses et totalement infondées ». Il a également pris la défense de la Défense : « Prétendre que la Défense est sensible à la corruption revient avant tout à attaquer les milliers de militaires qui œuvrent chaque jour avec intégrité pour notre sécurité. Ils méritent mieux », a-t-il conclu.