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La N-VA après un contrôle des malades de longue durée : « Des chiffres qui défient l’imagination »
La N-VA réagit avec stupeur à l’étude fuitée de l’INAMI sur les personnes en incapacité de travail de longue durée. Lors de ce contrôle par échantillonnage, les inspecteurs ont constaté que les mutualités avaient été trop généreuses dans l’octroi des indemnités : plus de la moitié des personnes examinées étaient en réalité aptes à travailler.
Le président du groupe à la Chambre, Axel Ronse, qualifie ces chiffres de « révoltants ». « Que près de 60 % des nouveaux invalides ne soient en réalité pas inaptes au travail défie toute imagination », déclare-t-il. « Il est clair que le système de contrôle actuel est défaillant. Il est grand temps de retirer les médecins-conseils des mutualités. Notre Sécurité sociale En Belgique, la sécurité sociale relève jusqu’à aujourd’hui du fédéral. Les principaux piliers de la sécurité sociale belge sont l’assurance maladie-invalidité (INAMI), les pensions, l’assurance-chômage et les allocations familiales, sans oublier les maladies professionnelles, les accidents du travail et les vacances annuelles. Certains partis flamands prônent depuis longtemps le transfert de (grands pans de) la sécurité sociale aux régions et communautés. sécurité sociale est précieuse : ses moyens doivent être réservés à ceux qui en ont réellement besoin. »
Un conflit d’intérêts chez les médecins-conseils
Pour la députée Frieda Gijbels, une partie du problème réside dans le rôle des médecins-conseils. Ceux-ci travaillent aujourd’hui au sein des mutualités, tout en étant chargés d’évaluer les membres de ces mêmes organisations.
« Ils sont pris entre le marteau et l’enclume », explique Frieda Gijbels. « Ils travaillent pour la mutualité, mais doivent aussi juger ses propres affiliés. Il est logique que cela ne fonctionne pas. Les mutualités craignent par-dessus tout de perdre des membres. C’est une logique commerciale qui n’a pas sa place dans un système censé répartir équitablement des moyens publics. »
La N-VA plaide dès lors pour dissocier les médecins-conseils des mutualités.
Une réforme en profondeur s’impose
La N-VA milite depuis longtemps pour retirer aux mutualités leur rôle de payeur public. « Nous sommes le seul pays où existent des mutualités politiquement marquées qui se font concurrence. Il faut analyser objectivement quel système est le plus efficace et s’y rallier. En tant que responsables politiques, nous avons le devoir de veiller à ce que les fonds publics soient utilisés de la manière la plus optimale possible. »
De précédentes questions écrites d’Axel Ronse ont par ailleurs révélé que les mutualités comptent nettement plus de malades de longue durée parmi leurs affiliés que la Caisse auxiliaire. Ainsi, 7 % des affiliés de la Caisse auxiliaire sont en incapacité de travail depuis plus d’un an, contre pas moins de 15 % chez Solidaris.