Frieda Gijbels souhaite mieux protéger les donneuses d’ovocytes

31 mars 2026

La députée Frieda Gijbels a déposé une proposition de loi visant à renforcer la protection des femmes qui font don de leurs ovocytes. Le texte a été présenté aujourd’hui en commission de la Santé et de l’Égalité des chances. « Le don d’ovocytes est une procédure complexe. Les donneuses doivent donc être informées et accompagnées de manière complète, indépendante et transparente. »

Frieda Gijbels souligne que le don d’ovocytes ne peut être comparé au don de sang ou de sperme. « Pour donner ses ovocytes, une femme doit suivre un parcours intensif. Celui-ci débute par une stimulation hormonale, via des injections pendant plusieurs semaines, et se termine par une intervention chirurgicale pour prélever les ovocytes. »

Selon elle, il s’agit par définition de jeunes femmes, pour lesquelles subsiste toujours un certain risque — même limité — pour leur santé et leur fertilité. C’est pourquoi elle estime que les donneuses doivent être pleinement informées et accompagnées, de manière indépendante et transparente.

Pressions extérieures

Frieda Gijbels attire également l’attention sur la dimension émotionnelle. De nombreuses donneuses agissent par altruisme, mais sous-estiment parfois l’impact de la procédure. Comme elles connaissent souvent personnellement les futurs parents, une pression émotionnelle s’installe plus facilement. Il devient alors plus difficile de renoncer au parcours ou d’y mettre fin en cours de route.

Par ailleurs, les donneuses d’ovocytes sont rares, ce qui incite aussi les centres de fertilité à ce que les donneuses poursuivent le traitement.

Il est donc nécessaire de prévoir une procédure distincte et renforcée pour le don d’ovocytes. La transparence, le consentement éclairé, le suivi après la procédure et l’absence de pression commerciale ou émotionnelle constituent des conditions essentielles pour garantir un don éthique.

Besoin d’un cadre légal

Selon Frieda Gijbels, les droits et le bien-être des donneuses n’ont pas suffisamment évolué au même rythme que les avancées technologiques rapides dans le secteur de la fertilité.

Avec cette proposition de loi, Frieda Gijbels entend instaurer un cadre de protection spécifique et renforcé. Celui-ci prévoit notamment un système de suivi médical obligatoire et indépendant, des règles claires en matière de remboursement des frais et d’indemnisation en cas de complications, un accompagnement psychosocial renforcé — y compris après le don — ainsi qu’un contrôle plus strict des conflits d’intérêts potentiels au sein des centres de fertilité.

« La Belgique figure parmi les leaders mondiaux sur le plan médical, mais la protection structurelle des donneuses reste insuffisante. Il est temps d’y remédier », conclut Frieda Gijbels.

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