Jan Jambon : « Garantir des pensions abordables pour nos enfants »

15 mars 2026
Jan Jambon

Dans un entretien approfondi accordé à VTM Nieuws, le ministre des Pensions Jan Jambon a réagi à la polémique entourant la récente réforme des pensions. Il a fermement rejeté l’idée que ces mesures viseraient spécifiquement les femmes et a insisté sur la nécessité de préserver notre système de pensions pour l’avenir.

Pas une lutte contre les femmes, mais pour la viabilité du système

Jan Jambon a réfuté les critiques selon lesquelles il obligerait les femmes à travailler à temps plein. Il parle d’une interprétation délibérément erronée des faits : « Cela m’a évidemment touché, surtout parce que je suis présenté de manière injuste. Comme si je disais que les femmes sont obligées de travailler à temps plein. Rien n’est plus faux. »

« En revanche, notre système de pensions risque de devenir financièrement intenable. C’est pourquoi nous mettons en œuvre une réforme qui modifiera certaines règles. Dans ce cadre, chacun — hommes comme femmes — devra faire des choix. »

Selon lui, l’essentiel de la réforme repose sur une réalité démographique incontournable. Le rapport entre actifs et pensionnés est sous forte pression : « Dans les années 60, quatre personnes actives finançaient la pension d’une seule. Aujourd’hui, elles ne sont plus que trois. Et si nous ne faisons rien, elles ne seront plus que deux en 2070. Ce système devient donc insoutenable. Oui, les gens devront travailler un peu plus longtemps. »

Respect des choix individuels

Le ministre Jan Jambon a souligné que chacun est libre de ses choix de vie, tout en rappelant la responsabilité des pouvoirs publics envers les générations futures : « On me dépeint comme quelqu’un qui condamne les femmes ayant choisi de travailler à temps partiel pour s’occuper de leurs enfants. Pourtant, ma mère a fait ce choix. Mon ex-épouse aussi, et mon épouse actuelle également. Les gens doivent pouvoir faire leurs propres choix, et l’État n’a pas à s’en mêler. »

« Mais en même temps, il est de notre devoir de garantir que nos enfants et nos petits-enfants puissent eux aussi bénéficier d’une bonne pension. Nous devons parvenir à concilier ces deux réalités au niveau de la société. »

La solidarité reste au cœur du système

Si la réforme met davantage l’accent sur les périodes effectivement travaillées, Jan Jambon a insisté sur le fait que la dimension solidaire du système reste intacte. Ainsi, les périodes de congé de soins, de congé parental, d’aide aux proches, de maladie et de chômage temporaire continueront d’être assimilées à des périodes de travail.

Concernant le « malus pension », le ministre a été clair : toute personne travaillant au moins à mi-temps n’a rien à craindre.

« Je pense que la pension doit être liée aux périodes de travail effectif. Mais il existe aussi une composante de solidarité. Un système de pension n’est pas une simple logique assurantielle du type “je cotise tant, je reçois tant”. Il repose aussi sur la solidarité. C’est pourquoi nous disons : travailler à mi-temps, c’est suffisant. Les congés de soins, le chômage temporaire et la maladie seront assimilés. »

Faire preuve de réalisme dans une société en mutation

Jan Jambon a reconnu les critiques concernant des règles qui évoluent en cours de route, mais il a insisté sur les nécessités sociales et budgétaires : « Les pensions concernent toujours des carrières de 45 ans. Cela voudrait dire que pendant ces 45 ans, on ne pourrait rien changer au système, alors que la société, elle, évolue profondément. Aujourd’hui, nous faisons face à un défi budgétaire majeur, avec des coûts du vieillissement qui explosent. De nombreuses mesures tiennent compte des droits déjà acquis. »

« Mais il faut choisir : soit on garantit la viabilité du système de pensions, soit on décide de figer totalement les règles pendant 45 ans. Je pense que nous avons trouvé un bon équilibre. »

Les chiffres issus d’un échantillon de 2023 montrent d’ailleurs que l’impact reste limité pour beaucoup : 77 % des personnes partant en retraite anticipée ne subiraient aucun effet négatif du malus. Et parmi celles qui seraient concernées, une grande partie pourrait encore l’éviter en travaillant quelques mois de plus.

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