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Eva Demesmaeker sur la réforme des pensions : « Les femmes devront travailler un peu plus longtemps, mais c’est tout aussi vrai pour les hommes »
La députée Eva Demesmaeker a défendu, dans l’émission De Ochtend sur Radio 1, les réformes des pensions proposées par le ministre Jan Jambon. Selon elle, ces mesures sont nécessaires pour garantir la viabilité financière du système et tiennent bel et bien compte de la réalité des femmes actives.
Un système soutenable pour tous
Eva Demesmaeker rejette l’idée selon laquelle la réforme pénaliserait principalement les femmes et souligne que les règles s’appliquent à tous. « Les propos du ministre Jan Jambon ont été sortis de leur contexte. Ce qu’il dit, c’est que les femmes devront travailler un peu plus longtemps, mais c’est tout aussi vrai pour les hommes. En réalité, nous devrons tous travailler un peu plus longtemps. »
Elle rappelle que la raison principale réside dans l’écart actuel entre l’âge réel de départ à la retraite et l’âge légal : « Aujourd’hui, l’écart entre l’âge auquel les gens arrêtent de travailler et l’âge légal de la pension est trop important pour que le système reste soutenable. »
Tenir compte des responsabilités familiales
La réforme tient toutefois compte des femmes qui assument des responsabilités de soins. Eva Demesmaeker souligne que le seuil pour la pension anticipée a été fixé volontairement à 35 années de travail à mi-temps afin de ne pas pénaliser les personnes travaillant à temps partiel. « Quand je regarde les mesures relatives aux pensions, je constate qu’elles prennent justement beaucoup en considération la situation des femmes. »
Elle précise aussi que de nombreuses périodes d’absence sont assimilées à des jours travaillés : « Les congés de soins, les congés de maladie, le congé de maternité… tout cela est pris en compte. Toutes ces périodes comptent comme des jours travaillés. » L’objectif est d’éviter que les femmes qui ont temporairement réduit leur activité professionnelle pour s’occuper de leurs enfants ne soient pénalisées.
Récompenser le travail
Eva Demesmaeker plaide pour un système équitable, où le travail effectif se reflète dans la pension : « Ceux qui travaillent doivent en retirer quelque chose. »
Elle illustre ce point par l’exemple d’une collègue : « C’est une mère célibataire avec des enfants qui travaille à temps plein et qui prend en plus un flexi-job pour joindre les deux bouts. Il est normal que cet engagement soit reconnu. Il est logique qu’elle en récolte les fruits au moment de sa pension. »
Veut-on revenir à la “femme au foyer” ?
Eva Demesmaeker insiste également sur l’importance de l’émancipation des femmes sur le marché du travail. Elle met en garde contre une tendance qui encouragerait les femmes à rester à la maison : « Pourrions-nous, s’il vous plaît, organiser la société de manière à ce que les femmes ne soient pas contraintes de rester chez elles, mais aient au contraire la possibilité de travailler si elles le souhaitent ? »
« Nous voulons une société dans laquelle les femmes peuvent occuper des postes de premier plan. Une société dans laquelle elles peuvent travailler à temps plein. Mais quand j’entends certains discours, on dirait presque que mon rôle, en tant que femme, serait de lever le pied dès que j’ai des enfants, afin d’être à l’heure à la grille de l’école. Sinon, on ne serait pas une bonne mère. »
Selon elle, travailler est aussi une forme d’épanouissement personnel et un exemple positif pour les enfants :
« Le fait de travailler et de trouver de la satisfaction dans son emploi est aussi quelque chose que l’on transmet à ses enfants. Travailler dur n’empêche pas d’assumer son rôle de parent. Des milliers de parents le prouvent chaque jour. »
La réforme vise uniquement le régime avantageux de la pension anticipée
Enfin, Eva Demesmaeker nuance les craintes d’importantes pertes de pension. Elle rappelle que l’âge légal de la retraite ne change pas et que la réforme concerne uniquement le régime plus favorable de la pension anticipée. Selon elle, l’impact sera limité pour la grande majorité des femmes : « Pour 77 % des femmes, rien ne changera. Et pour 22 % d’entre elles, il s’agira au maximum de quelques mois à un an pour pouvoir partir à la pension anticipée sans malus », conclut-elle.