Bart De Wever s’exprime au palais : « Notre vulnérabilité est exploitée »

30 janvier 2026
Bart De Wever

Lors de la réception du Nouvel An au palais, le Premier ministre Bart De Wever s’est adressé aux corps constitués. Selon lui, nous sommes entrés dans une ère où la sécurité et la stabilité ne vont plus de soi. « La leçon amère de ces dernières semaines, c’est que la stabilité ne reviendra pas spontanément », a-t-il constaté. « Nous devons nous préparer à une longue période de turbulences géopolitiques et économiques. »

Une Europe sous pression

Bart De Wever a réaffirmé son soutien sans réserve au peuple ukrainien dans sa lutte contre le régime despotique de Moscou. Il a salué la détermination du président Volodymyr Zelensky, tout en dressant un constat sévère sur les capacités propres de notre continent : « L’Europe n’est pas en mesure de défendre efficacement sa propre souveraineté. »
Même si des efforts sont en cours pour bâtir une véritable industrie européenne de la défense, il a souligné que ce processus prendra encore des années et que, dans l’intervalle, l’Europe restera vulnérable.

Selon le Premier ministre, cette vulnérabilité est désormais mise à l’épreuve jusque par des alliés historiques. Il a évoqué les pressions exercées sur l’autonomie du Groenland, qu’il a qualifiées de manque de respect pour le droit à l’autodétermination d’un allié européen. Il a rappelé un épisode de l’Antiquité grecque, lorsque les Spartiates et les Athéniens refusèrent de remettre « la terre et l’eau » — symboles de soumission totale — aux Perses.
« Aujourd’hui, on nous demande “la terre et la glace”. Mais nous ne tolérerons jamais que l’intégrité et le droit à l’autodétermination d’un allié européen soient remis en cause, même lorsque cette pression émane d’un autre allié », a-t-il affirmé.

Un retour au XIXᵉ siècle

Bart De Wever a décrit un monde où la frontière entre liberté et oppression devient de plus en plus floue. « Par moments, on a l’impression d’avoir été brutalement projetés du XXIᵉ siècle vers le XIXᵉ », a-t-il observé. « Mais nous restons fidèles à nos valeurs, des valeurs pour lesquelles l’Europe a payé un prix de sang. »

« Deux guerres impitoyables nous ont appris, au XXᵉ siècle, ce que signifie réellement la liberté. Aujourd’hui, nous sommes douloureusement rappelés au fait que cette liberté n’est jamais acquise. Elle doit toujours être défendue », a-t-il ajouté, appelant à la vigilance, à la résilience et à la dignité.

L’ascension escarpée des réformes

Sur le plan intérieur, le Premier ministre a comparé l’action du gouvernement à une ascension de haute montagne. Il a estimé que l’exécutif avait pris ses responsabilités en engageant des réformes socio-économiques indispensables : limitation dans le temps des allocations de chômage, mesures visant à garantir la soutenabilité et la sécurité des pensions, et renforcement du marché du travail.

Il s’est montré particulièrement direct sur la nécessité de faire des choix difficiles : « You can’t have your cake and eat it too. »
Grâce à ces décisions courageuses, l’endettement public serait réduit de plus de 30 milliards d’euros au cours de la législature. L’objectif final reste le respect des normes européennes de dépenses et du critère de Maastricht.

Le chemin vers la vallée verte

Malgré l’ampleur des efforts demandés, Bart De Wever s’est voulu résolument optimiste. Il a dit rêver d’un pays qui ne figure plus parmi les mauvais élèves de l’Europe en matière de dette publique et de pression fiscale.
« Imaginez ce que pourrait devenir ce pays avec un excédent budgétaire, une pression fiscale en baisse et un rythme soutenu d’investissements. C’est la vallée verdoyante qui se trouve derrière le sommet de la montagne. »

Il a conclu son discours en citant Hannibal, au pied des Alpes : « Aut viam inveniam aut faciam » — Je trouverai un chemin ou j’en créerai un.
Bart De Wever a terminé par un appel à l’unité et à la discipline afin de trouver et d’emprunter, en Belgique comme en Europe, la voie qui mène à la prospérité et à la croissance, à une société plus juste et à un avenir solide.

Qu’avez-vous pensé de cet article?

Indiquez ici votre score personnel
Le score moyen est de