L’Europe doit soutenir résolument le Groenland : « La souveraineté n’est pas une marchandise »

21 janvier 2026
Kathleen Depoorter

La députée fédérale Kathleen Depoorter a déposé à la Chambre une résolution affirmant de manière claire et sans équivoque que l’avenir du Groenland ne peut être décidé que par les Groenlandais eux-mêmes. Cette initiative fait suite à des déclarations et ambitions récentes émanant des États-Unis concernant le Groenland.

« Lorsque des grandes puissances estiment pouvoir redessiner des frontières à coups d’argent, de pression ou de menaces, nous atteignons un tournant dangereux », avertit Kathleen Depoorter.

La résolution souligne que le Groenland n’est ni un objet de transaction ni une monnaie d’échange géopolitique, mais la terre d’un peuple doté d’une voix propre et d’un droit inaliénable à l’autodétermination. Le texte se réfère explicitement au droit international ainsi qu’à l’accord d’autonomie conclu avec le Danemark en 2009, qui constitue le cadre juridique dans lequel toute décision concernant l’avenir du Groenland doit s’inscrire.

Une violation du droit international

Selon Kathleen Depoorter, le débat dépasse largement le cas du Groenland et touche à un principe fondamental pour l’Europe.
« Si l’Europe laisse passer cela aujourd’hui, nous sapons non seulement la souveraineté du Groenland et du Danemark, mais aussi la nôtre », affirme-t-elle.

La résolution insiste sur le fait que toute tentative d’ingérence ou d’acquisition forcée du Groenland constituerait une violation flagrante de la Charte des Nations unies et créerait un précédent extrêmement dangereux pour d’autres États européens. La souveraineté et l’intégrité territoriale ne sont pas des notions négociables.

Une région arctique de plus en plus stratégique

Le texte met également en lumière l’importance stratégique croissante de la région arctique et rappelle avec force que la sécurité ne peut jamais être dissociée des valeurs. L’Europe ne peut se contenter d’un rôle de spectateur dans une région où la logique de puissance s’impose de manière de plus en plus ouverte.

Concrètement, la résolution appelle à un renforcement de la présence européenne et de l’OTAN dans l’Arctique, à une position européenne unie face aux pressions extérieures et à une accélération de l’autonomie stratégique européenne en matière de défense et de sécurité.

« C’est un moment de vérité pour l’Europe », conclut Kathleen Depoorter. « Soit nous défendons nos valeurs quand cela compte vraiment, soit nous envoyons le signal que les frontières et les droits sont négociables. Cette dernière option est inacceptable. »

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