Sophie De Wit : « Le Centre d’Observation Clinique reste quasiment vide, alors que plus de 1.000 internés sont toujours détenus en prison »

20 décembre 2025
Sophie De Wit

Plus d’un millier d’internés séjournent encore aujourd’hui dans des prisons ordinaires, alors qu’un maillon essentiel de la chaîne d’internement – le Centre Clinique Sécurisé d’Observation (CCSO) – reste largement sous-utilisé. C’est ce qui ressort d’une question parlementaire posée par la députée fédérale Sophie De Wit à la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden, concernant les problèmes persistants de la politique d’internement.

Selon Sophie De Wit, la crise de l’internement perdure depuis des années. « Mais la politique reste bloquée à l’étape des études et des groupes de travail. Les victimes, les professionnels de terrain et les internés méritent une chaîne d’internement qui fonctionne réellement », souligne-t-elle. Ce qui frappe particulièrement, c’est le contraste entre la surpopulation chronique des prisons et l’usage limité du centre d’observation clinique.

Un outil essentiel encore trop méconnu

Le CCSO dispose de 30 places permettant d’observer en profondeur les internés, grâce à des experts spécialisés, en vue de décisions plus justes et mieux informées. Pourtant, depuis sa création en 2023, seules 15 personnes y ont été orientées : 2 en 2023, 6 en 2024 et 7 en 2025. Un chiffre étonnamment faible, surtout face au nombre élevé d’internés qui, aujourd’hui encore, ne bénéficient pas de soins adaptés.

D’après la ministre Verlinden, de nombreux experts connaissent mal ce centre ou ne l’utilisent qu’en de rares occasions. Une situation difficile à comprendre, selon Sophie De Wit : « On a mis sur pied ce centre justement pour améliorer l’expertise, et il reste quasi vide, alors que trop de décisions sont encore prises sur base d’informations incomplètes », déplore-t-elle.

Une incertitude persistante autour des centres psychiatriques médico-légaux

La députée pointe aussi le flou persistant concernant la capacité supplémentaire des centres psychiatriques médico-légaux (CPML). Les projets d’extension via des unités modulaires, la création d’un troisième CPML en Flandre ou encore les projets en Wallonie semblent, selon elle, englués dans l’incertitude, les blocages ou de nouvelles études. « Même la ministre reconnaît que la politique est structurellement à l’arrêt », affirme-t-elle.

Sophie De Wit plaide dès lors pour que le CCSO devienne un outil pleinement intégré – et obligatoire – dans la chaîne d’internement, et non plus une simple option. Elle demande également que l’accord de coopération annoncé avec les entités fédérées sur les soins aux internés soit enfin concrétisé, afin d’assurer une meilleure coordination entre les différents maillons de la chaîne, de l’expertise à la prise en charge.

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