Bruxelles accompagne à peine 5,7 % des chômeurs de longue durée vers l’emploi

19 décembre 2025
Gilles Verstraeten

Sur les 3.361 chercheurs d’emploi bruxellois qui ont perdu leurs allocations le 1er janvier parce qu’ils sont sans emploi depuis plus de vingt ans, seuls 5,7 % ont retrouvé du travail entre le 1er janvier et le 31 octobre 2025. À titre de comparaison, ce taux atteignait déjà 35 % en Wallonie en septembre — soit six fois plus.

« Cette réforme met cruellement en lumière l’incapacité de Bruxelles à accompagner les personnes vers un emploi ou une formation », déclare le chef de groupe bruxellois Gilles Verstraeten. « Si à peine 5,7 % des chômeurs de longue durée parviennent à retravailler, c’est que le système bruxellois échoue. »

Aucun accompagnement vers l’emploi… ni vers une formation

Les résultats en matière de formation sont tout aussi faibles. Parmi ce même groupe, seulement 4,1 %, soit 137 personnes, ont entamé une formation professionnelle.

« Quand on veut vraiment aider les gens, on fait en sorte qu’ils soient rapidement orientés vers un parcours d’insertion professionnelle ou de formation », poursuit Gilles Verstraeten. « Et à Bruxelles, cela se fait beaucoup trop peu. »

Le plan d’activation ne commence que le 1er mars

Suite à la réforme fédérale, le gouvernement bruxellois et Actiris ont finalement été contraints de prendre les décisions que nous réclamons depuis des années. Le plan d’action bruxellois prévoit désormais un premier rendez-vous dans les quinze jours suivant l’inscription, un suivi mensuel, ainsi que la proposition d’offres d’emploi ou de stages dès le premier entretien.

Mais ces mesures n’entreront en vigueur que le 1er mars 2026. « C’est beaucoup trop tard, et cela explique pourquoi Bruxelles affiche aujourd’hui des résultats bien pires que la Wallonie », souligne Verstraeten.

Le gouvernement bruxellois ne fait rien pour aider les gens

Selon Gilles Verstraeten, les partis de la majorité bruxelloise — qui sont pourtant dans l’opposition au niveau fédéral — portent une lourde responsabilité. « En commission, ils ont tenu de longs discours sur le caractère soi-disant inhumain de la réforme, mais dans les faits, ils n’ont rien fait pour réellement venir en aide aux Bruxellois qui risquent de perdre leurs allocations », affirme-t-il.

« Sous leur gestion, le chômage de longue durée est devenu un problème structurel et hors de contrôle à Bruxelles, où près de la moitié (46 %) des chercheurs d’emploi sont sans travail depuis au moins deux ans. C’est bien plus qu’en Flandre (27,8 %) et aussi plus qu’à Anvers (31,7 %). Un demandeur d’emploi de longue durée sur quatre (24,4 %) est même sans emploi depuis plus de cinq ans. Ce taux est plus de deux fois supérieur à celui d’Anvers (11,6 %), qui se rapproche de la moyenne flamande (10,6 %). »

« Ces personnes ont été abandonnées pendant des années, sans accompagnement ni perspective, et aujourd’hui, la même chose se reproduit. Il n’y a pas de plan d’activation solide et à temps. Le fait que l’accompagnement ne commence qu’au 1er mars est un choix politique — et une fois de plus, ce sont des milliers de Bruxellois qui en paient le prix », conclut Gilles Verstraeten.

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