Axel Ronse : « Le droit au travail est aussi fondamental que le droit de grève »

26 novembre 2025
Axel Ronse

Alors qu’une nouvelle grève nationale paralyse le pays, le chef de groupe à la Chambre, Axel Ronse, dépose une proposition de loi visant à protéger les intérimaires en cas de grève. « Personne ne devrait être contraint de perdre son revenu simplement parce que d’autres décident de cesser le travail », déclare-t-il.

Une situation actuelle absurde

La Belgique applique aujourd’hui l’un des régimes les plus stricts d’Europe : en cas de grève, il est strictement interdit d’employer des intérimaires, même s’ils travaillaient déjà avant le début de la grève. Ceux qui veulent tout de même travailler se voient privés de revenus. Pire encore : l’agence d’intérim comme l’entreprise utilisatrice s’exposent à des sanctions pénales.

Pour Axel Ronse, cette situation entraîne des conséquences injustes et disproportionnées. « Un intérimaire qui fait correctement son travail depuis des mois perd subitement son revenu le jour d’une grève. Non pas parce qu’il fait grève lui-même, mais parce que d’autres le font. C’est totalement absurde », estime-t-il.

Un équilibre entre deux droits fondamentaux

La proposition de loi prévoit qu’un intérimaire déjà en poste chez un employeur avant le début de la grève puisse poursuivre son activité pendant la durée de celle-ci, à condition qu’il ne participe pas lui-même à la grève.

« Le droit de grève est un droit fondamental. Mais le droit de travailler l’est tout autant. Cette proposition vise à rétablir l’équilibre entre ces deux droits », explique Axel Ronse. « Permettre aux intérimaires déjà en fonction de continuer à travailler ne revient pas à briser une grève. Cela respecte pleinement le droit de grève de ceux qui y participent, tout en évitant que d’autres soient forcés de renoncer à leur droit de travailler. »

Selon lui, cette mesure permet aussi de corriger une inégalité manifeste : « Un travailleur permanent peut, s’il le souhaite, continuer à travailler pendant une grève. Mais un intérimaire, qui effectue exactement le même travail, en est empêché et perd son revenu. C’est tout simplement indéfendable. »

Le recours à de nouveaux intérimaires pour briser une grève reste bien entendu interdit dans le cadre de cette proposition.

Donner de l’oxygène aux entrepreneurs pendant les grèves

La grève nationale de trois jours entraîne des pertes économiques considérables pour les entreprises. Pour Axel Ronse, il est donc tout à fait logique que ceux qui souhaitent travailler puissent le faire. « Cette correction, indispensable, offre également un peu d’oxygène aux entrepreneurs confrontés aux effets d’une grève », conclut-il.

Il a sollicité l’avis du Conseil d’État et n’exclut pas de saisir la Cour constitutionnelle afin de vérifier si la législation actuelle ne constitue pas une atteinte au droit au travail.

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