Audition de l’ancienne Première ministre Wilmès concernant la crise du coronavirus : plutôt spectateur privilégié que chef d’orchestre

19 mars 2021

« Un spectateur privilégié plutôt qu’un chef d’orchestre. » Telle est l’impression laissée par l’ancienne Première ministre à la députée fédérale Yngvild Ingels. Avec Frieda Gijbels et Kathleen Depoorter, Yngvild Ingels a évalué l’approche belge de la crise du coronavirus. Différentes figures clés ont déjà été entendues, mais c’est maintenant au tour des anciens ministres compétents.

Une audition de plus de deux heures pour Wilmès

Yngvild Ingels a écouté le récit de Wilmès, qui a duré plus de deux heures. « Les faits, nous les connaissons déjà. L’intérêt d’auditionner les responsables politiques est de savoir pourquoi certaines décisions ont été prises ou non. Pourquoi les structures de crise classiques n’ont-elles pas été utilisées ? Pourquoi des conseils consultatifs supplémentaires ont-ils été créés ? Quelle était la justification de certaines mesures restrictives de liberté ? Pourquoi via des arrêtés ministériels ? Pourquoi la communication n’a-t-elle pas été mieux harmonisée ? Je pourrais continuer pendant longtemps. Ce sont ces informations qui pourront nous aider à faire des recommandations afin de nous améliorer à l’avenir. »

Manque de transparence

Pour Frieda Gijbels, le fait que Wilmès ne se soit jamais inspirée des pays qui s’en sortaient particulièrement bien est caractéristique. « Quand on ose affirmer que l’on n’a finalement pas eu les pires chiffres de mortalité, c’est que les attentes ne sont guère élevées... J’ai également trouvé révoltante la minimisation permanente de l’importance d’un plan de pandémie ou d’un stock stratégique de masques. Elle se trompe lourdement quand elle prétend que la politique menée était particulièrement transparente. Au début, les députés ont dû remuer ciel et terre pour accéder aux rapports des organes consultatifs. Et nous sommes toujours confrontés à un manque de transparence au niveau des chiffres. »

Pas notre capitaine en eaux troubles

Pour Kathleen Depoorter, Wilmès semble avoir oublié qu’elle était Première ministre. « Elle n’est pas allé au combat, elle n’a pas été notre capitaine en eaux troubles. Elle a sans cesse cherché à rejeter les responsabilités sur les régions et les ministres compétents, alors qu’elle aurait dû assurer la vision globale et prendre les rênes de manière incontestée. Je n’ai pas observé l’énergie ni l’empathie dont doit faire preuve un Premier ministre, que ce soit au niveau de la constitution du stock stratégique, de la commande de seringues et de vaccins ou de la communication et de l’organisation. Elle a eu aujourd’hui l’occasion de montrer son leadership en procédant à une analyse détaillée et à une introspection. Elle n’en a malheureusement pas profité, ce qui illustre une nouvelle fois son manque de prévoyance. »

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