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Un agent pénitentiaire sur cinq a été en arrêt maladie plus d’un mois l’an dernier
La pénurie persistante de personnel dans les prisons belges entraîne des conséquences opérationnelles de plus en plus lourdes. En 2025, pas moins d’un agent pénitentiaire sur cinq a été en incapacité de travail pendant plus d’un mois, ressort-il d’une question parlementaire de la députée Sophie De Wit.
Une hausse inquiétante des absences de longue durée
Les chiffres montrent qu’en 2025, l’absentéisme de longue durée a atteint des niveaux exceptionnels dans plusieurs établissements pénitentiaires. Au total, 935 membres du personnel ont été absents plus d’un mois, et 1.215 agents ont même été en arrêt entre deux mois et un an.
« De telles absences prolongées sont préoccupantes et révèlent une problématique sous-jacente. Elles ont en outre des répercussions inévitables sur la sécurité et le bien-être tant des détenus que du personnel pénitentiaire », souligne la députée Sophie De Wit. Le manque d’agents de surveillance peut entraîner la fermeture temporaire d’ateliers ou la suppression d’activités collectives, afin de garantir la sécurité.
Un lien possible entre sous-effectif et incidents de sécurité
Dans sa réponse, la ministre de la Justice Annelies Verlinden (cd&v) indique qu’en 2025, plus de 500 incidents de sécurité ont été enregistrés dans les différentes prisons du pays. Les établissements wallons totalisent 276 incidents, tandis que les prisons flamandes en comptent 259.
Selon la ministre Annelies Verlinden, certains de ces incidents pourraient effectivement être liés à un sous-effectif du personnel de surveillance. Il est toutefois frappant de constater qu’à ce jour, aucune analyse n’a été menée pour vérifier si les incidents étaient liés au manque de personnel le jour même des faits. La ministre reconnaît pourtant qu’une telle analyse serait possible. « Il est dès lors essentiel d’examiner plus en profondeur le lien entre les incidents de sécurité et la pénurie de personnel. Sans ces données, nous continuerons à écoper sans jamais colmater la brèche », estime la députée Sophie De Wit.
Revaloriser le métier d’agent pénitentiaire
Pour la députée Sophie De Wit, ces chiffres dressent un constat alarmant de la situation dans les prisons, et plus particulièrement parmi le personnel pénitentiaire. « Je me réjouis qu’un accord social ait été conclu avec les syndicats le 9 janvier, mais j’appelle la ministre Annelies Verlinden à mettre en œuvre sans tarder des mesures concrètes visant à améliorer les conditions de travail et à garantir une formation de qualité », conclut-elle.