Theo Francken : « Si nous continuons comme ça, il n’y aura plus d’UE dans cinq ans »

6 juin 2018
Theo Francken

Les ministres et secrétaires d’État compétents n’ont pas trouvé d’accord sur l’accueil, la répartition et le renvoi des réfugiés à l’occasion d'un conseil sur l’immigration. Le secrétaire d’État Theo Francken tire la sonnette d’alarme et expose sa vision.

Francken demande aux ministres compétents de sortir de leur tour d’ivoire et d’accepter de regarder ce qui se passe en Europe. « Tant que nous ne pourrons pas effectuer de refoulements, le chaos règnera », souligne-t-il. Et les conséquences pour l’Union européenne seront lourdes. Dans tous les États membres, des partis de droite remportent les élections. « Si nous continuons comme ça, il n’y aura plus d’UE d’ici quelques années », estime le secrétaire d’État.

Manque de confiance

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le pourcentage de migrants lors de l’année de crise 2015 n'était que de 0,07 % par rapport à la population européenne. Un nombre à peine perceptible, selon elle. Mais Theo Francken voit les choses différemment : « Demandez aux habitants de Cologne, Paris ou Anvers si la crise des réfugiés est à peine perceptible. Ajoutons à cela le regroupement familial et l’afflux de migrants illégaux via les airs et la terre. Sans oublier l’immigration historique. Dans certains quartiers, plus de 60 ou 70 % des habitants sont d’origine allochtone. » Ce chiffre de 0,07 % doit être abordé sous un autre angle, et il faut se concentrer sur les pays où se rendent les migrants. En Hongrie, où la politique migratoire est très stricte, le pourcentage de réfugiés est nul.

L’accord proposé lors du conseil européen et visant à répartir les réfugiés et les migrants entre les pays européens a été rejeté. Francken explique : « Quand on voit qu’après trois ans, on n’a jamais été aussi loin d'un accord sur la réforme du règlement de Dublin, on se dit qu’il n’y aura pas de Dublin 4.0. Il n’y aura donc pas de règles de répartition interne des migrants. L’Italie et la Grèce ne pensent pas que leurs partenaires européens les aideront en cas de nouvelle crise. Quant aux autres pays d’Europe, ils n’ont pas suffisamment confiance en l’Italie et la Grèce car après quinze ans, aucun des deux pays n’a de politique d’asile solide. »

Fermer tous les accès

Continuer de discuter n’a aucun intérêt. Ce n’est pas comme ça que nous pourrons résoudre le problème de l’immigration. Quelle est donc l’alternative ? Francken explique : « Nous devons faire en sorte de réduire l’afflux. Il faut fermer tous les accès à la maison européenne. Tant que ce ne sera pas fait, il n’y aura jamais de confiance suffisante entre les différents pays. » Il faut donc beaucoup mieux surveiller les frontières extérieures de l’Europe, ce qu’affirme d’ailleurs la N-VA depuis longtemps déjà, faire respecter l’accord entre l’UE et la Turquie et conclure un accord dans le but de fermer la route Libye-Italie.

Arrêter les passeurs

Actuellement, les réfugiés sont récupérés en Italie par des bateaux libyens et renvoyés en Libye. On parle de « take-backs », dans le cadre d’un accord entre l’Italie et la Libye. Le secrétaire d’État Francken propose une solution plus efficace. « Il faut sauver les réfugiés qui arrivent en bateau en provenance de Libye et de Tunisie, mais pas les emmener systématiquement en Europe. Il faut les emmener dans un grand camp de réfugiés sécurisé en Tunisie. C'est un pays stable, qui a signé la Convention de Genève et respecte les droits de l’homme. L’Union européenne prendra entièrement en charge les frais d’un tel camp. » Cette idée n’est pas nouvelle. Elle ressemble à l’accord qui existe déjà avec la Turquie. Son principal avantage est d’éviter des centaines de morts. Et c'est selon le secrétaire d’État la seule façon de mettre un terme aux activités des passeurs. Plus aucun Africain ne dépensera un salaire annuel pour finir en Afrique du Nord.

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