Sophie De Wit : « En moyenne, 40 faits de maltraitance infantile sont enregistrés chaque jour »

25 juillet 2026
Sophie De Wit

En 2024, la police a enregistré 14 719 faits pouvant être liés à des situations de maltraitance infantile, soit 40 faits par jour en moyenne. Par rapport à 2022, cela représente une hausse de près de 13 %. Au cours du premier semestre 2025, 7 398 faits avaient déjà été recensés. Ces chiffres proviennent des données que la députée Sophie De Wit a obtenues auprès de la ministre de la Justice Annelies Verlinden.

La « maltraitance infantile » ne faisant pas l'objet d'une catégorie pénale distincte, ces statistiques regroupent des infractions dont les victimes sont des mineurs, telles que les violences, les privations de liberté ou les infractions sexuelles. Elles donnent donc une indication importante de l'ampleur du phénomène, sans pour autant en refléter toute la réalité.

Violences physiques et psychologiques

Les violences physiques à l'encontre de mineurs restent la catégorie la plus fréquente. En 2024, la police a enregistré 3 039 faits de coups et blessures volontaires infligés par un parent à un enfant mineur, contre 2 549 en 2022. À cela s'ajoutent 3 055 faits de coups et blessures volontaires commis sur des mineurs pour lesquels le lien entre l'auteur et la victime n'est pas connu.

« Derrière chaque chiffre, il y a un enfant qui a besoin de protection », déplore Sophie De Wit. « Et ces statistiques ne représentent que la partie émergée de l'iceberg. De nombreuses formes de violences psychologiques, de maltraitance émotionnelle et de négligence échappent encore aux radars ou ne font pas l'objet d'un enregistrement spécifique. »

Un manque de suivi judiciaire

Pour Sophie De Wit, l'absence de données sur le suivi judiciaire est tout aussi préoccupante. « Aujourd'hui, la Justice est incapable d'indiquer combien de dossiers de maltraitance infantile aboutissent finalement à des poursuites ou à une condamnation. Les faits sont enregistrés par la police, mais une fois le dossier transmis à la Justice, nous perdons toute visibilité. Si nous voulons mener une politique efficace, nous devons pouvoir suivre l'ensemble de la chaîne pénale. Ce que l'on ne mesure pas ne peut pas être amélioré. »

Une proposition d'interdiction de contact

Sophie De Wit rappelle avoir déposé une proposition de loi visant à mieux protéger les mineurs contre les auteurs récidivistes de maltraitance infantile. Ce texte permettrait aux juges d'imposer une interdiction générale de contact avec des mineurs aux auteurs présentant un risque élevé de récidive, sur la base d'une évaluation des risques motivée et réexaminée régulièrement.

Cette proposition s'inscrit dans le prolongement d'une initiative précédente de la présidente Valerie Van Peel, qui prévoit une évaluation obligatoire des risques en cas de suspicion de violences intrafamiliales ou de maltraitance infantile, afin de permettre à la police et au parquet de détecter plus rapidement toute escalade.

« Les enfants ont droit à la meilleure protection possible. Nous devons non seulement intervenir plus rapidement dès les premiers signes de maltraitance, mais aussi empêcher que les auteurs puissent faire de nouvelles victimes », conclut Sophie De Wit. « Le gouvernement doit également instaurer enfin un système uniforme d'enregistrement de la maltraitance infantile tout au long de la chaîne judiciaire. C'est à cette condition que nous saurons quelles mesures sont efficaces, où les dossiers se bloquent et comment mieux protéger les enfants. »

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