Près de la moitié des nouveaux dentistes sont diplômés à l’étranger : « Une profonde injustice pour nos étudiants »

14 octobre 2026

« Nos étudiants doivent franchir l’obstacle d’un examen d’entrée particulièrement exigeant, alors que les portes sont grandes ouvertes aux médecins et dentistes diplômés à l’étranger. C’est profondément injuste. » La députée fédérale Frieda Gijbels tire la sonnette d’alarme. Les chiffres qu’elle a obtenus auprès du ministre Frank Vandenbroucke (Vooruit) montrent que l’afflux de médecins et de dentistes diplômés à l’étranger reste particulièrement important. Des questions se posent également quant à leurs compétences linguistiques, à leurs activités professionnelles et aux contrôles exercés sur celles-ci.

Près d’un nouveau dentiste sur deux est diplômé à l’étranger

Au cours des six dernières années, en moyenne 22 % des nouveaux médecins en Belgique étaient titulaires d’un diplôme étranger. Chez les dentistes, cette proportion atteignait pas moins de 45 %. En 2022 et 2023, elle dépassait même la moitié (51 %).

Chez les médecins, les diplômes étrangers proviennent principalement des Pays-Bas (15 %), d’Italie (14,6 %), de Roumanie (13,9 %) et de France (12,8 %). Chez les dentistes, la Roumanie arrive largement en tête avec 29 %, suivie du Portugal (14,6 %) et de l’Espagne (9,2 %).

La qualité des soins plus difficile à garantir

La députée Frieda Gijbels dénonce avant tout cette inégalité de traitement. « Il est profondément injuste que nos étudiants doivent surmonter un examen d’entrée difficile et respecter des quotas stricts, alors que les portes restent grandes ouvertes aux diplômés étrangers. Ces quotas poursuivent pourtant un objectif essentiel : garantir la qualité de nos formations. Mais dans le même temps, nous n’avons aucune maîtrise sur la qualité des formations suivies par les professionnels qui arrivent chez nous avec un diplôme étranger. De plus, aucun quota ne leur est imposé : leur afflux est donc, en principe, illimité. »

La maîtrise de la langue reste également un point sensible. À l’heure actuelle, une connaissance du français suffit à un médecin ou à un dentiste diplômé à l’étranger pour exercer en Flandre. « Lorsqu’on soigne des patients en Flandre, il faut parler néerlandais. Ce n’est pas un détail, mais une condition fondamentale pour garantir des soins de qualité et la sécurité des patients », souligne Frieda Gijbels. « C’est pourquoi nous avons déposé une proposition de loi visant à rendre obligatoire la maîtrise du néerlandais. »

Que font les médecins sans spécialisation ou sans numéro INAMI L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) est une institution publique fédérale qui organise les soins de santé, une partie de la sécurité sociale. L’Institut se compose de quatre services principaux : Soins de santé, Indemnités, Évaluation et contrôle médicaux et Contrôle administratif. Des représentants des travailleurs, des employeurs, des mutualités et des dispensateurs de soins travaillent pour l’INAMI. Plusieurs partis flamands sont faveur d’un transfert des soins de santé vers les communautés. INAMI ?

Les chiffres soulèvent d’autres interrogations. Ainsi, 55 % des médecins titulaires d’un diplôme étranger ne disposent d’aucune spécialisation : ils ne sont donc ni médecins généralistes ni médecins spécialistes. Par ailleurs, aucun numéro INAMI n’a (encore) été demandé pour 25 % des visas délivrés aux médecins diplômés à l’étranger. Chez les dentistes, cette proportion atteint 28 %.

« Que font exactement ces professionnels de santé ? Où exercent-ils ? Et quels actes médicaux pratiquent-ils ? », s’interroge Frieda Gijbels. « Sans numéro INAMI, il est beaucoup plus difficile de suivre leurs activités. Nous devons vérifier de manière proactive où ils sont établis et ce qu’ils font. Le nombre élevé de médecins sans spécialisation exige lui aussi des explications urgentes. »

Pour la députée Frieda Gijbels, une plus grande transparence est donc indispensable. « Nous devons savoir qui dispense des soins dans notre pays, quelles sont les qualifications de ces professionnels et si les patients peuvent compter sur des soins sûrs et de qualité. »

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