Pas de zone de police unifiée pour Bruxelles

3 avril 2019

« Voyez ce que je fais, pas ce que je dis ! » La N-VA ne comprend pas les abstentions du CD&V et de l’Open Vld lors d’un vote pour la création d’une zone de police unifiée à Bruxelles. Le parti regrette que la sécurité des citoyens ne soit visiblement pas une priorité pour le CD&V et l’Open Vld. « Nous déplorons le manque de volonté politique en vue d’une solution soutenue. Nous sommes en principe favorables à des fusions volontaires, mais dans le cas présent, nous plaçons la sécurité des citoyens, des visiteurs et des institutions nationales et internationales au-dessus de l’impasse politique. »

Le CD&V vote contre son propre ministre

La proposition de fusion des zones de police bruxelloises a été rejetée. Le CD&V et l’Open Vld se sont abstenus avec une déclaration. Les libéraux flamands souhaitent un service de police métropolitain relevant du ministre-président bruxellois. Le CD&V souligne aussi la nécessité d’un changement, mais indique que celui-ci doit être soutenu par la base. Le CD&V s’oppose ainsi à son propre ministre de l’Intérieur démissionnaire De Crem.

Échec de la collaboration

Les incidents lors du match de qualification pour la Coupe du monde Maroc-Côte d’Ivoire et les émeutes du Nouvel An ne sont que deux illustrations récentes de l’échec de la collaboration entre les six zones de police. Ils démontrent de manière douloureuse l’incapacité des zones de police bruxelloises à contrôler rapidement et efficacement des événements inattendus dans la capitale de l’Europe. Le Comité P l’indique clairement dans son rapport suite aux émeutes du 11 novembre 2017.

Besoin d’un élargissement d’échelle

Le Comité P a analysé l’organisation du maintien de l’ordre public dans les six zones de police et tout particulièrement le système prévu pour faire face à des événements imprévus. Le rapport indique textuellement : « Dans la plupart des zones de police bruxelloises, en dehors des heures de service normales, il n’y a pas d’officier présent sur le terrain qui peut commencer à encadrer et gérer un événement non planifié en ayant une connaissance suffisante de la matière. » L’ex-ministre de l’Intérieur Jan Jambon a commandé une étude sur l’élargissement d’échelle des zones de police. Les experts indiquent qu’une collaboration opérationnelle est inévitable et nécessaire.

Pas de commandement unique

Les répondants ont indiqué qu’il existait déjà des liens de collaboration entre eux, mais qu’une fusion en une zone de police unifiée était exclue. Le problème se situe toutefois principalement dans le fait qu’il n’y ait pas de « commandement unique ». Le rapport du Comité P ainsi qu’un chef de corps d’une des zones de police bruxelloises le confirment. Alors que les zones de police bruxelloises réunies comptent environ 5200 hommes, on n’arrive pas à constituer et à diriger très rapidement un peloton.

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