Pandémie : il est temps pour la Belgique de peser dans le débat européen

8 avril 2021

« Regarder sans critiquer, c’est faire preuve de négligence coupable. » Dans une résolution, les députées fédérales Anneleen Van Bossuyt, Kathleen Depoorter et Frieda Gijbels appellent le gouvernement Vivaldi à souligner les échecs de l’Europe dans la pandémie de coronavirus. « Ce que l’Europe propose maintenant sera déterminant pour la suite de la crise sanitaire et l’approche des futures pandémies. »

L’approche de l’Union européenne face à la pandémie de Covid-19 est tout sauf une réussite. Aux États-Unis, on se félicite de ne pas faire « comme l’Europe », tandis que la Chine et la Russie profitent de la crise pour semer la discorde. Le gouvernement fédéral doit oser dire les choses au niveau européen. Anneleen Van Bossuyt, Kathleen Depoorter et Frieda Gijbels ont donc décidé de déposer une résolution dans laquelle elles font des propositions d’amélioration et appellent le gouvernement à faire pression dans plusieurs dossiers délicats au niveau européen.

Elles demandent au gouvernement de faire les bons choix au cours des prochaines semaines et des prochains mois afin de permettre l’harmonisation et la coordination de la lutte contre le virus, la mise en place d’un suivi adéquat et de considérer l’avenir avec un esprit ouvert.

Kathleen Depoorter : « Renforcer la production plutôt que de céder à la panique »

Pour Kathleen Depoorter, l’approche européenne de la vaccination est loin d’être une réussite. « Il ne sert à rien de le nier ou d’embellir les choses, nous devons oser parler de la mauvaise gestion de la campagne de vaccination et faire pression pour nous assurer que les doses parviennent réellement et rapidement aux citoyens. Pour nous, la solution réside principalement dans le renforcement de la production et la mise en place de procédures d’autorisation d’urgence des médicaments innovants. Nous ne devons surtout pas céder à la panique en menaçant d’imposer des interdictions d’exportations, par exemple. Cela ne ferait que nuire à la réputation de l’UE et inciter notre secteur pharmaceutique à se tourner vers d’autres horizons pour sa production. »

Anneleen Van Bossuyt : « Une meilleure collaboration, dans le respect de la répartition des compétences »

Pour la députée fédérale Anneleen van Bossuyt, les nouvelles actions de la Commission européenne doivent se faire en concertation étroite avec les États membres. « Pour certains, agir rapidement, c’est ne pas tenir compte de l’avis des États membres et faire cavalier seul. Centraliser sans tenir compte du principe de Subsidiarité Selon le principe de la subsidiarité, le niveau le plus bas possible auquel une administration est (encore) efficace est le mieux à même de diriger. C’est pourquoi seules les compétences qu’une instance inférieure ne peut pas exercer ou peut moins bien exercer sont attribuées à une instance centrale ou supérieure ou inversement. L’idée sous-jacente est que les décisions politiques seront prises et exécutées en consultant le plus possible les citoyens. subsidiarité ni de la répartition des compétences entre l’Union européenne et les États membres n’offrira aucune solution. Une collaboration et une coordination plus efficaces sont également possibles sans céder de nouvelles compétences à l’Europe. »

Projets d’union sanitaire européenne

L’Europe couve désormais des ambitions en matière de santé publique, constate Van Bossuyt. « En témoignent les projets d’union sanitaire européenne. Les budgets de l’UE en matière de soins de santé ont décuplé en très peu de temps, et elle souhaite maintenant tout réglementer. Nous demandons au gouvernement de rester attentif et de procéder à une analyse détaillée de ces projets afin d’évaluer leur impact sur notre système de santé et de mettre le holà si les choses allaient trop loin. Les soins de santé restent avant tout une question humaine, et la politique doit être menée au plus près des citoyens et non dictée de loin par l’UE. Chaque système de santé a ses spécificités, et c’est aux États membres de déterminer comment ils souhaitent développer leur État providence. »

Frieda Gijbels : « Définir une stratégie pandémie pour l’après Covid-19 »

Nous devons également lancer un débat sur l’après Covid-19. Notre pays doit défendre une vision concrète en matière d’autonomie stratégique et de matières premières et surtout opérer un revirement favorable aux entreprises en matière de « Recherche & Développement » et de production de médicaments et dispositifs médicaux. Le coronavirus ne sera malheureusement pas la dernière crise sanitaire que nous aurons à surmonter. Il est donc essentiel de tirer au plus vite les conclusions qui s’imposent et de mettre en œuvre des réformes qui permettront à nos institutions et à nos entreprises de les endiguer le plus rapidement et le plus efficacement possible. Frieda Gijbels : « Dans cette optique, il est également important d’évaluer régulièrement les projets de préparation aux pandémies de l’UE et d’en tirer les bonnes conclusions. »

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