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Matthias Diependaele : « Une réforme de l’État est indispensable pour protéger durablement notre prospérité »
Lors d’un débat dans l’émission Terzake, le ministre-président flamand Matthias Diependaele a réaffirmé la nécessité d’une réforme profonde de l’État. « Si l’on veut réellement changer les choses de manière structurelle, il faut aussi adapter les structures de ce pays », a-t-il déclaré sans détour.
« Nous sommes entrés au gouvernement fédéral avec un objectif très clair : protéger la prospérité flamande et garantir sa pérennité pour les générations futures », explique Matthias Diependaele. « Mais personne ne sait qui sera aux commandes en 2029. Aujourd’hui, la politique fédérale suit une ligne clairement inspirée du modèle flamand. Si nous voulons inscrire cette orientation dans la durée, il faudra adapter les structures du pays. »
La Responsabilisation Rendre les États fédérés responsables afin qu’ils soient récompensés s’ils mènent une politique de qualité et sanctionnés si leur politique est mauvaise. Cette responsabilisation était une exigence de la N-VA durant les négociations gouvernementales de 2010-2011 dans le cadre de la révision de la loi de financement. La N-VA souhaite entre autres une importante autonomie fiscale pour les États fédérés et une responsabilité propre en ce qui concerne, entre autres, la politique du marché de l’emploi, les soins de santé et les allocations familiales. responsabilisation comme clé de voûte
Pour le ministre-président, l’un des principaux problèmes réside dans le manque de responsabilité des différents niveaux de pouvoir. Il plaide pour un système dans lequel les responsables politiques rendent directement des comptes aux électeurs, tant sur les recettes que sur les dépenses.
« Dépenser sans devoir assumer les conséquences, c’est évidemment trop facile. Les responsables politiques doivent aussi pouvoir expliquer à leurs électeurs d’où vient l’argent qu’ils dépensent », affirme Matthias Diependaele.
Selon lui, la solution passe par des blocs de compétences plus homogènes et simplifiés — comme l’emploi ou les soins de santé — afin de renforcer durablement notre prospérité : « Partout en Europe, la dynamique économique se situe principalement au niveau des régions. Donnons-leur alors tous les outils nécessaires. »
Pas de chèque flamand pour combler les déficits wallons
Alors que la Flandre s’efforce de rétablir l’équilibre budgétaire, d’autres entités fédérées affichent des déficits abyssaux. Matthias Diependaele se montre catégorique : la Flandre ne paiera pas indéfiniment la facture des autres.
« Nous contribuons déjà largement à cette situation aujourd’hui. En visant l’équilibre budgétaire, nous faisons déjà bien plus que d’autres régions qui continuent d’accumuler des dettes encore plus importantes. »
Le ministre-président rejette également fermement l’idée d’utiliser d’éventuels excédents flamands pour combler le déficit fédéral : « La Flandre aussi a des besoins importants, notamment dans l’enseignement et l’accueil de la petite enfance. Il serait profondément injuste de priver les Flamands de moyens supplémentaires afin de constituer des excédents destinés à financer d’autres régions. »
Le courage de réformer
Matthias Diependaele appelle enfin à faire preuve de courage politique pour sortir des blocages institutionnels.
« Le drame de ce pays, c’est qu’il faut toujours attendre que la situation devienne critique avant de trouver la volonté politique de s’attaquer réellement aux problèmes. »
Sans réforme fondamentale de l’État, la facture risque une nouvelle fois de retomber sur les citoyens flamands. « Tous ceux qui refusent aujourd’hui de reconnaître la nécessité d’une réforme de l’État devront tôt ou tard expliquer aux électeurs flamands pourquoi cela nous coûte encore de l’argent pour combler les déficits wallons et bruxellois », conclut Matthias Diependaele. « Si nous ne procédons pas à des réformes structurelles maintenant, c’est la Flandre qui paiera la facture. »