Les interdictions temporaires de domicile en hausse en Flandre, mais peu appliquées en Wallonie et à Bruxelles

21 février 2025
Kristien Van Vaerenbergh

D’après les chiffres obtenus par la députée Kristien Van Vaerenbergh, le nombre d’interdictions temporaires de domicile ne cesse d’augmenter : de 294 en 2020 à 715 en 2023. Ce qui frappe immédiatement, ce sont les énormes disparités entre le nord et le sud du pays. « J’appelle les décideurs politiques à Bruxelles et en Wallonie à prendre d’urgence des mesures pour mieux protéger les victimes de violences domestiques », déclare Van Vaerenbergh.

La grande majorité des interdictions de domicile sont prononcées par les parquets flamands, en particulier ceux d’Anvers et du Limbourg. Entre 2020 et 2024, plus de 60 % de toutes les interdictions ont été enregistrées dans ces parquets, et en 2020, ce chiffre atteignait même 84 %. À Bruxelles, seules 28 interdictions ont été émises en quatre ans, et les chiffres sont également très faibles dans les parquets wallons.

Une approche coordonnée et durable

L’interdiction temporaire de domicile est un outil essentiel qui permet d’éloigner temporairement un auteur de violences intrafamiliales du domicile familial, généralement pour une période de dix jours. Cette mesure offre une protection immédiate aux victimes et crée une période critique durant laquelle des services d’aide peuvent être mobilisés. Il est donc particulièrement regrettable de constater que cette mesure est très peu utilisée dans la capitale et en Wallonie.

« En Flandre, la ministre flamande de la Justice, Zuhal Demir, a fait de la protection des victimes de violences domestiques et intrafamiliales une priorité absolue. Elle a investi dans le déploiement des Maisons de la Sécurité, où des professionnels de différents secteurs – police, justice, services d’aide et autorités locales – travaillent ensemble pour soutenir les victimes de manière coordonnée et durable », explique Van Vaerenbergh.

Une mesure méconnue et sous-utilisée en Wallonie et à Bruxelles

« En outre, la ministre Demir a renforcé le suivi et l’accompagnement des familles concernées ainsi que des auteurs visés par une interdiction temporaire de domicile. Grâce à cet encadrement efficace, les parquets flamands utilisent de plus en plus cet outil, preuve que l’approche flamande porte ses fruits.

Dans la communauté francophone, cet encadrement fait malheureusement défaut, ce qui explique pourquoi cette mesure y reste méconnue et sous-utilisée. J’exhorte donc les responsables politiques de Bruxelles et de Wallonie à agir rapidement pour mieux protéger les victimes de violences domestiques », conclut Van Vaerenbergh.

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