Vous êtes ici
Les déclarations musclées de l’UE ne feront pas oublier la naïveté des négociations sur les vaccins

« Les déclarations musclées concernant les restrictions à l’exportation de l’UE vers le Royaume-Uni ne vont pas améliorer l’image des négociateurs de la Commission européenne ni de notre gouvernement fédéral concernant la stratégie d’achat de vaccins contre le coronavirus et ne nous apporteront pas de nouveaux vaccins », explique la députée fédérale Kathleen Depoorter après avoir consulté le contrat non filtré conclu par le géant pharmaceutique avec la Commission européenne et la Grande-Bretagne. « Il est grand temps que le gouvernement fédéral fasse son mea-culpa. »
Le gouvernement Wilmès avait décidé de participer à la procédure d’achat européenne de vaccins contre le coronavirus. Depuis son entrée en fonction, le Premier ministre De Croo suit la même voie. Tout commele ministre de la Santé Vandenbroucke, il a salué l’approche de la Commission européenne.
Spectatrice d’une campagne de vaccination défaillante
Depuis l’été, la députée fédérale Kathleen Depoorter n’a de cesse de répéter au gouvernement fédéral que notre pays est loin d’avoir été efficace lors de l’établissement des contrats. L’agence fédérale des médicaments (AFMPS) ne s’est ainsi trouvée à la table des négociations avec la Commission européenne qu’en deuxième instance, soit après que l’accord a été conclu. « Le problème n’est pas que notre pays se soit associé à l’Europe, mais bien l’attitude passive du gouvernement tout au long du processus », explique Depoorter. « Les ministres fédéraux n’ont absolument pas fait preuve de leadership ni de prévoyance. Nous avions déjà eu accès aux contrats avec les passages confidentiels rendus illisibles, mais maintenant que nous avons pu lire les textes dans leur intégralité, nous sommes d’autant plus convaincus de l’échec de la politique menée. Malheureusement, notre population se retrouve maintenant spectatrice d’une campagne de vaccination défaillante et doit se contenter d’attendre sagement. »
Nonchalance ou ignorance ?
Les négociations ont été menées avec beaucoup de naïveté, sans la moindre précision sur le plan juridique. Kathleen Depoorter ne comprend pas qu’une organisation telle que l’UE, disposant d’une si grande expertise juridique, puisse se fourvoyer à ce point. « Je me demande qui dans notre pays a examiné ce contrat d’un point de vue juridique et si le gouvernement était au courant de ces écueils. S’agit-il de nonchalance ou d’ignorance ? On a également trop mis l’accent sur le prix plutôt que sur l’approvisionnement et le stock, alors que le coût des vaccinations tardives sera au final bien plus élevé, sans même parler de la souffrance humaine. Le gouvernement aurait dû prendre les choses en main, l’achat de vaccins est l’une des étapes les plus importantes du plan de sortie », conclut Depoorter.