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Le projet d’I-police était à l’état de mort clinique
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR), a mis fin au projet i-Police, censé moderniser la police fédérale via une transformation numérique ambitieuse. Le prestataire informatique français Sopra Steria a officiellement été mis en demeure, et le contrat de 299 millions d’euros a été résilié. « Les projets de numérisation dans la fonction publique sont rarement exempts de difficultés, mais ce que nous avons vu avec i-Police dépasse l’entendement », déclare la députée fédérale Maaike De Vreese.
Une intervention trop tardive
Pour Maaike De Vreese, il était évident depuis au moins deux ans et demi que le projet avait déraillé, notamment depuis l’audit accablant du cabinet Deloitte. Un audit interne de la police fédérale avait d’ailleurs confirmé ce constat par la suite.
« Pourtant, le projet a continué à traîner pendant des années. Le ministre aurait dû intervenir beaucoup plus tôt, comme nous le demandions. Du temps et de l’argent ont été gaspillés. Après le cimetière de projets numériques qu’a connu la Justice, c’est désormais la police qui voit un projet de plus échouer », regrette-t-elle.
Fait marquant : il y a encore deux semaines, le ministre affirmait que l’évaluation touchait à sa fin et que plusieurs scénarios étaient encore envisagés. Il devra désormais clarifier quand et comment la décision d’arrêter le projet a été prise. L’incertitude demeure quant à une éventuelle récupération des fonds déjà dépensés. Et dans le pire des cas, une transaction à l’amiable supplémentaire pourrait encore être envisagée.
La nécessité de la numérisation reste entière
Pour Maaike De Vreese, cet échec ne change rien à l’urgence de doter la police intégrée d’outils numériques performants. « La police a besoin de systèmes numériques efficaces pour accomplir ses missions opérationnelles, communiquer avec les citoyens et améliorer sa gestion interne. La transformation numérique reste donc absolument indispensable. »
Mais elle met en garde : il n’est plus question de répéter les mêmes erreurs.
« Un nouvel échec serait tout simplement inacceptable. Les projets doivent être orientés vers des résultats concrets. Et si les promesses ne sont pas tenues, il faut intervenir beaucoup plus rapidement. »