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Le Premier ministre Bart De Wever présente une déclaration de politique générale réaliste : « Le labeur aujourd’hui, les fruits demain »
Lors de sa déclaration de politique générale à la Chambre, le Premier ministre Bart De Wever a dressé un constat lucide de la situation actuelle du pays. Son discours, entre réalisme et espoir, a tracé les grandes lignes d’un cap exigeant mais assumé : « Avec les réformes et les mesures d’assainissement que ce gouvernement met en œuvre, nous avons choisi la bonne voie. Mais le chemin reste long et semé d’embûches. »
Un parallèle frappant avec les années 90
Dès l’ouverture, le Premier ministre n’a pas mâché ses mots :
« En préparant ce budget, je n’ai pu m’empêcher de penser aux années 90. À l’époque déjà, notre pays souffrait de déficits budgétaires abyssaux. J’ose dire qu’aujourd’hui, le défi est encore plus grand. »
Il a souligné un contexte économique « plus difficile encore qu’à l’époque » et une évolution démographique « qui bouleverse totalement notre pyramide des âges ».
« Si nous ne réagissons pas de manière vigoureuse et constante, nous risquons, pour la première fois depuis la révolution industrielle, une perte structurelle de prospérité – et donc de bien-être. »
« Nous payons le prix de l’inaction passée »
Selon Bart De Wever, la législature précédente a empilé les risques : « Une faible croissance de la productivité, une participation au marché du travail insuffisante et des coûts sociaux en hausse : c’est une recette pour le désastre. » Sans intervention, le Comité de monitoring prévoyait un déficit atteignant 6 % du PIB Le produit intérieur brut (PIB) correspond à la production totale de biens et de services au sein d’un pays, tant d’entreprises que des administrations. Il est généralement utilisé comme critère d’évaluation de la prospérité d’un pays. C'est la raison pour laquelle la N-VA surveille de près l’évolution du PIB belge. PIB d’ici 2029.
C’est pourquoi le gouvernement a choisi une trajectoire budgétaire pluriannuelle, jusqu’en 2029. « Plus question de reporter. »
Des choix douloureux, mais incontournables
Bart De Wever a évoqué le mythe d’Héraclès pour illustrer la voie choisie : « Le héros grec devait choisir entre deux chemins, chacun représenté par une déesse : l’un, celui de la séduisante Kakia, promettait une vie facile et insouciante ; l’autre, celui d’Arètè, vertueuse mais exigeante, menait par un sentier escarpé vers un vrai bonheur fondé sur l’effort et la persévérance. Labore et constantia. »
Et de trancher : « Nous n’avons pas choisi la facilité, mais bien le défi herculéen d’un budget à long terme. Mais soyons clairs : en Belgique, l’Olympe est encore loin. »
Le message est limpide : il n’y a plus de solutions indolores. « Avoir trop longtemps détourné le regard rend désormais impossible tout budget sans douleur. »
Des économies au cœur du pacte budgétaire
Les économies constituent le pilier de cet accord. Plus de 2,7 milliards d’euros seront dégagés via des gains d’efficacité, une réduction du nombre de fonctionnaires, et d’autres mesures. À cela s’ajoute une indexation ponctuelle des salaires et allocations dépassant la médiane, en 2026 et 2028.
Le monde politique montre également l’exemple : « Nous allons plus loin que n’importe quel autre secteur : les salaires des élus ne seront pas indexés durant toute la législature, comme c’est déjà le cas pour les dotations aux partis. Le gouvernement appliquera cela à lui-même et invite la Chambre à suivre. » Ces mesures viennent s’ajouter aux coupes déjà décidées concernant les ministres, les cabinets et le statut parlementaire.
Davantage de rigueur envers les malades et chômeurs de longue durée
Le Premier ministre a pointé le chiffre préoccupant de plus d’un demi-million de malades de longue durée — un niveau « sans comparaison avec nos voisins ». Il annonce donc un renforcement du contrôle et de la réintégration.
« Ceux qui tombent réellement malades continueront à pouvoir compter sur la solidarité. Mais les contrôles seront désormais plus fréquents et plus stricts. » Ces mesures permettront, d’ici 2029, d’économiser deux milliards d’euros.
Du côté du chômage aussi, les règles changent : « L’allocation de chômage doit redevenir un tremplin, pas un hamac. » La durée maximale d’indemnisation sera désormais limitée à deux ans.
Le travail doit redevenir central
Bart De Wever a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de remettre le travail au cœur du système. Cela passera par la valorisation des heures supplémentaires volontaires, le relèvement des plafonds pour les flexi-jobs et les jobs étudiants, ainsi que la possibilité pour les pensionnés de continuer à travailler — à partir de 2027 — sous un régime fiscal avantageux de 30 %, tout en conservant leur pension.
Grâce à la réforme du marché du travail et de la fiscalité, toute personne active gagnera en moyenne environ 1 000 euros nets supplémentaires par an d’ici 2030.
Une réduction de la dette de 32 milliards d’euros
Le gouvernement entend ainsi réaliser plus de 9 milliards d’euros d’économies structurelles supplémentaires d’ici 2029.
« Sur l’ensemble de la législature, cet effort réduira encore la dette de 17 milliards d’euros supplémentaires. Combiné aux 15 milliards déjà obtenus, cela représente une baisse totale de 32 milliards d’euros », a précisé Bart De Wever.
Objectif : maintenir la Belgique hors du radar des sanctions européennes et envoyer un signal clair aux marchés internationaux.
Le Premier ministre a clos son discours par une mise en garde lucide : « Il n’y a aucune raison d’euphorie, seulement une raison de continuer à travailler dur. Le labeur aujourd’hui, les fruits demain. »