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Le plan de relance de Dermine manque d’ambition en matière de réformes
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Le monitoring du plan de relance « Vlaamse Veerkracht » a débuté mardi. Il en ressort que 93 % des projets flamands ont déjà été lancés. La situation est tout autre au niveau du plan de relance fédéral, dont la première version n’a été présentée à la Chambre par le secrétaire d’État Dermine qu’aujourd’hui. D’après les calculs du Bureau fédéral du Plan, à peine 3 900 emplois directs seront créés d'ici 2022, pour un total de 14 000 d’ici 2026. Le député fédéral Sander Loones explique : « Le gouvernement Vivaldi sait comment dépenser de l’argent, il n’y a aucun doute là-dessus. Il doit maintenant prouver qu’il est aussi capable de réformer le marché du travail. »
Les médias ont beaucoup parlé du plan de relance ces dernières semaines. « Le secrétaire d’État Dermine a visiblement préféré annoncer ses projets en exclusivité à la presse, une tendance que l’on observe également chez les autres ministres de ce gouvernement », constate Loones. « J’appelle les Vivaldistes à placer le parlement avant la presse. Un minimum de respect pour la démocratie s’impose. »
Le Bureau fédéral du Plan prévoit un impact limité
Le Bureau fédéral du Plan a réalisé une simulation de l’impact du plan Dermine et ne chiffre qu’à 0,19 % la hausse de la productivité, à 0,23 % la croissance économique et à 0,52 % la baisse du taux d’endettement. Lors du pic de 2022, le plan ne devrait générer que 3 900 emplois directs, dont une série disparaîtront les années suivantes.
Le secrétaire d’État Dermine a tenu à nuancer ces chiffres. Il ne s’agirait que des emplois directs liés aux projets concrets, mais il faudrait également tenir compte des effets indirects et de l’effet multiplicateur lié aux investissements simultanés de tous les pays de l’UE.
« Dermine a raison de nuancer, mais il ne convainc absolument pas », estime Loones. « Le Bureau du Plan Le Bureau Fédéral du Plan (BFP) est une institution belge d’utilité publique. Le Bureau du Plan réalise des études et projections concernant des problèmes de politique socio-économique et écologique. Il met son expertise scientifique à la disposition du gouvernement, du parlement, des partenaires sociaux et des institutions nationales et internationales. Bureau du Plan utilise des modèles de calcul conçus pour modéliser une politique principalement keynésienne. Je les prends habituellement avec des pincettes, mais ici, c’est précisément l’impact des mesures keynésiennes du gouvernement qui est simulé. Et le résultat reste médiocre... Nous avons pourtant besoin de 700 000 emplois supplémentaires si nous voulons parvenir au taux d’emploi requis de 80 %. Nous avons besoin de réformes réelles au niveau du marché du travail et des pensions, mais le plan reste vague et modéré. »
Inquiétudes européennes
D’après le Bureau fédéral du Plan, la Belgique a déjà été lésée lors de l’attribution des moyens de relance européens. Il apparaît aujourd’hui que le risque d’abus dans certains pays européens n’est pas non plus exclu. En Grèce, par exemple, où 30 milliards d’euros d’aide à la relance ont été accordés par l’UE.
« Cela représente 20 % de son PIB », explique Loones. « Même les économistes grecs se demandent sérieusement si leur administration est capable de gérer un montant aussi colossal. Le secrétaire d’État Dermine et le ministre des Finances Van Peteghem vont devoir s’assurer que les moyens de relance soient correctement utilisés en Belgique, mais aussi dans les autres pays. »