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L’argent européen ne va pas résoudre le problème du chômage des jeunes
L’Europe souhaite accorder des subventions permanentes à une initiative visant à aider les jeunes à trouver un emploi. La N-VA craint un effet inverse. Cette décision risquerait en effet d’empêcher les régions concernées de tenter de s’en sortir par elles-mêmes. De plus, les causes du chômage chez les jeunes sont très différentes entre les différents États membres. L’eurodéputée Helga Stevens estime qu'il serait préférable d’inciter les États membres à mener une politique sur mesure en fonction de leur propre marché du travail.
« Prenez par exemple la situation à Bruxelles », explique Stevens. « Les jeunes qui suivent des trajets de formation soutenus par l’Europe disparaissent des statistiques sur le chômage. La Région de Bruxelles-Capitale peut ainsi faire comme si tout allait bien alors qu’elle ne fait rien pour créer des jobs pour les jeunes de manière structurelle. En Flandre, le chômage des jeunes a diminué de 9,1 % l’année dernière grâce aux efforts du ministre Muyters et du VDAB Le Vlaamse Dienst voor Arbeidsbemiddeling en Beroepsopleiding (VDAB), c’est-à-dire le service flamand pour l’emploi et la formation professionnelle, est un service public flamand qui rassemble l’offre et la demande sur le marché de l’emploi et qui a essentiellement pour mission de faire office d’intermédiaire pour les demandeurs d’emploi et de les aider à trouver du travail. Depuis la réforme de l’État de 1989, les services de l’emploi relèvent des régions et la formation professionnelle est une compétence communautaire. Le pendant wallon du VDAB est le Forem et le pendant bruxellois est Actiris. VDAB . Et il n’a pas fallu le moindre centime de l’Europe. »
2,4 milliards mieux dépensés
Dans le cadre de cette initiative pour l’emploi des jeunes, 2,4 milliards d’euros vont être investis au cours des années à venir dans des programmes que la plupart des régions mettraient de toute façon en œuvre par elles-mêmes. La Cour des comptes européenne se pose aussi des questions. Mais le Parlement européen s’obstine. « L’Europe pourrait se rendre utile en permettant l’échange des solutions éprouvées des différents services d’aide à l’emploi régionaux », conclut Helga Stevens. « Ces 2,4 milliards peuvent clairement être mieux dépensés. »