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La Turquie n’a rien à faire dans l’Union européenne
Les chefs d’État et de gouvernement européens n’ont toujours pas trouvé d’accord à l’issue du sommet entre l’Union européenne et la Turquie sur la crise des réfugiés. Les débats ont porté sur le renforcement des frontières européennes et la collaboration entre l’UE et la Turquie. L’objectif étant de réduire de manière significative le nombre de demandeurs d’asile qui tentent de rejoindre l’Europe. Dans l’attente d’un prochain sommet européen les 17 et 18 mars, les deux parties se sont mises d’accord sur un texte cadre. Celui-ci comporte différents éléments qui permettront à l’UE de renforcer sa politique et qui seront détaillés par le président du Conseil européen Donald Tusk. Ce texte repose sur l’idée selon laquelle nous n’avons d’autre choix que de conclure un accord avec la Turquie si nous souhaitons résoudre la crise des migrants. « Une conséquence directe de la politique laxiste menée par l’UE ces dernières années », selon le parlementaire européen Mark Demesmaeker. « Un accord serait un pas dans la bonne direction pour réduire le nombre de demandeurs d’asile, mais ce n’est pas la panacée pour autant », explique son collègue Sander Loones.
« Par le passé, les dirigeants européens n’ont pas donné suffisamment d’importance à notre politique de gestion des frontières. C’est une honte, et nous en subissons aujourd’hui les conséquences : l’Union européenne est soumise à un chantage. Les Turcs en abusent totalement, ce qui m’exaspère au plus haut point », explique Demesmaeker. « Mais soyons clairs : jamais un gouvernement dont la N-VA fait partie n’acceptera que la Turquie devienne membre de l’Union européenne. Tout pays présentant des signes d’autocratie ne doit même pas pouvoir envisager d’adhérer. Et c’est précisément ce qu’Ankara fait : elle choisit la voie de l’autorité au Moyen-Orient et réduit petit à petit les libertés des citoyens. »
Une arrogance inouïe
Peu avant le sommet européen, la chancelière fédérale allemande Angela Merkel et le premier ministre turc Ahmet Davutoglu ont trouvé un accord. Leur objectif était de le faire accepter rapidement par les autres chefs d’État et de gouvernement européens. « Madame Merkel fait preuve d’une arrogance inouïe », explique M. Loones. « Elle pense pouvoir définir la politique européenne à elle seule et n’hésite pas à travailler dans le dos du président du Conseil européen Donald Tusk. Elle accepte sans broncher tout ce que la Turquie demande. Ni vu ni connu. Elle ferait pourtant mieux de se regarder dans le miroir : la politique qu’elle et les autres dirigeants européens soumis ont menée par le passé est la cause directe des problèmes que nous connaissons aujourd’hui. À cause d’eux, nous sommes maintenant dépendants de la Turquie. Nous ne pouvons même plus contrôler nos propres frontières seuls. »
Une solution structurelle
Pour la N-VA, la solution doit être structurelle : « Nous devons fermer les routes vers l’Europe occidentale, nous concentrer sur l’accueil dans les régions d’origine et mener une politique de refoulement drastique. Nous devons également imposer des restrictions strictes et des quotas. »
« Une telle situation ne peut plus se reproduire », conclut Loones. « Nous devons tout faire pour nous assurer que l’UE puisse à nouveau prendre son destin en main et ne dépende plus de pays comme la Turquie. »