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La N-VA exige une commission d’enquête indépendante après les nouvelles révélations de Pano sur Anderlechtse Haard
« Il ne s’agit plus de dysfonctionnements isolés. C’est toute une culture de gouvernance dans laquelle des personnes vulnérables deviennent dépendantes de connexions politiques. » Le chef de groupe bruxellois Gilles Verstraeten réagit vivement au nouveau reportage de Pano sur la société de logement social Anderlechtse Haard. Verstraeten exige dès lors la création d’une commission d’enquête indépendante chargée d’examiner en profondeur le fonctionnement de la société.
Selon la N-VA, le reportage confirme ce qui circulait depuis longtemps à Anderlecht : un système de clientélisme, d’ingérence politique et de mauvaise gestion au sein des structures de pouvoir du PS.
Verstraeten renvoie à des déclarations qu’il avait lui-même faites en 2024 après de précédentes révélations concernant le CPAS d’Anderlecht. « À l’époque, j’avais déjà dit qu’on pourrait également faire un reportage Pano complet sur le logement social à Anderlecht. Malheureusement, cela semble aujourd’hui se confirmer », déclare-t-il.
Des personnes vulnérables rendues dépendantes
Les nouveaux témoignages montrent que le problème va bien au-delà de fautes individuelles. Verstraeten parle ainsi d’une culture dans laquelle l’aide sociale et le logement sont utilisés pour renforcer un pouvoir politique.
« Cela passe par le CPAS, par la société de logement social et probablement aussi par d’autres canaux. Alors que certains logements sociaux sont confrontés à la moisissure, à la dégradation et à des conditions inhumaines, des mandataires PS semblent surtout préoccupés par les services entre amis, les revenus supplémentaires et les gains électoraux. »
Le reportage mentionne notamment des témoignages d’habitants qui auraient subi des pressions pendant les périodes électorales afin de montrer leur comportement électoral ou de prouver leur loyauté. Des logements sociaux auraient également été promis à l’approche des élections. « Dans un contexte de pauvreté et de dépendance, beaucoup de personnes n’ont alors plus réellement le choix librement ; il s’agit d’une question de survie », affirme Verstraeten.
Politique du “Saint-Nicolas”
Le reportage décrit également la typique « politique du Saint-Nicolas » du PS : des activités sociales et des cadeaux tels que des frites gratuites, des gaufres et des jouets pour les enfants, toujours en présence du président. « C’est ce qu’on appelle acheter des voix. Et pendant ce temps-là, des personnes vivent dans une misère totale dans certains logements. »
L’utilisation abusive de moyens publics et de personnel public pour mener des campagnes politiques scandalise également Verstraeten : « Tous les moyens semblent bons pour gagner des voix. L’utilisation de données personnelles et de bases de données d’institutions publiques, l’usage de moyens publics pour imprimer des tracts de campagne… Selon moi, exactement les mêmes pratiques existaient déjà à l’époque de Mostefa comme président du CPAS. »
La confiance dans les contrôles a disparu
Pour la N-VA, les contrôles internes ne suffisent donc plus. Le parti demande une commission d’enquête indépendante chargée d’examiner tous les dossiers, toutes les attributions et toutes les interventions politiques au sein d’Anderlechtse Haard.
« Il faut enfin prendre conscience de ce qui se passe à Anderlecht », conclut Verstraeten. « Tout cela ne peut continuer à exister que parce que la hiérarchie de contrôle le permet ou le couvre. Si Bruxelles veut rester crédible, toute la vérité doit enfin être mise sur la table. »