La N-VA étrille l’accord budgétaire bruxellois : « Anders cimente l’emprise du PS sur Bruxelles »

5 octobre 2026
Gilles Verstraeten

Le gouvernement bruxellois promet un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029. Mais pour Gilles Verstraeten, chef de groupe N-VA au Parlement bruxellois, cette trajectoire repose sur des économies incertaines, un milliard d’euros maintenu hors budget et quasiment aucune réforme structurelle.

« Ce budget pluriannuel repose sur des châteaux en Espagne. On nous promet l’équilibre en 2029, alors que personne n’est réellement en mesure de vérifier sérieusement ces chiffres et qu’aucune réforme structurelle ne vient les étayer. »

Des économies surtout sur le papier

La seule recette ponctuelle concrète que Gilles Verstraeten retrouve dans l’accord est la vente du bâtiment abritant le cabinet du ministre-président, situé rue Ducale. Pour l’essentiel des économies annoncées, le gouvernement mise, selon lui, sur une réforme de l’administration bruxelloise qui doit encore être mise en œuvre.

À cela s’ajoute, selon Gilles Verstraeten, un sérieux problème de crédibilité. Il souligne qu’environ un milliard d’euros reste hors budget et que, depuis 2018, la Cour des comptes rejette les comptes de la Région ou se déclare dans l’impossibilité de formuler une opinion.

« Et malgré cela, ce gouvernement présente l’équilibre budgétaire en 2029 comme une certitude. C’est prendre ses désirs pour des réalités avec l’argent du contribuable. »

625 millions d’euros d’intérêts

Pour la N-VA, l’envolée de la charge d’intérêts illustre à quel point la situation devient préoccupante. D’ici 2029, Bruxelles devrait consacrer 625 millions d’euros au paiement des intérêts, soit 11 % de ses recettes.

« C’est autant d’argent qui ne pourra pas être consacré à la sécurité, à la propreté, à la mobilité ou à la politique sociale. Bruxelles s’appauvrit pendant que les banques s’enrichissent. »

Le ministre du Budget Dirk De Smedt (Anders) n’échappe pas non plus aux critiques. Gilles Verstraeten le qualifie de « coarchitecte de la politique budgétaire catastrophique menée ces dernières années » et lui reproche de ressortir une nouvelle fois « sa boîte à astuces ».

« On nous sert un grand numéro d’autosatisfaction, alors que Bruxelles continue d’accumuler des déficits colossaux malgré tous les avertissements du Bureau fédéral du Plan et des agences de notation », déclare Gilles Verstraeten.

Le PS obtient gain de cause

Au-delà des chiffres budgétaires, Gilles Verstraeten s’intéresse également aux choix politiques qui sous-tendent l’accord. Et il y voit surtout la marque du PS.

Les communes et les CPAS recevront 15 millions d’euros supplémentaires. Les tarifs préférentiels de la STIB n’augmenteront pas. Il n’est pas non plus question de toucher aux ACS, aux allocations familiales ni aux loyers des logements sociaux. La Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale bénéficiera par ailleurs de 131 millions d’euros supplémentaires.

« Et Lotfi Mostefa reste à la tête du Foyer Anderlechtois, alors que cela était pourtant jugé inacceptable par le MR », ajoute Gilles Verstraeten.

« Comme pour l’accord de gouvernement, cet accord a été ficelé sur la base de préaccords négociés par l’axe PS-Anders avec le soutien du MR. Anders ne constitue pas un contrepoids au PS : c’est son assurance-vie. Grâce à Anders, le PS reste maître à bord à Bruxelles », conclut Gilles Verstraeten.

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