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La ministre Van Bossuyt plaide à Munich pour un Frontex renforcé et davantage de retours
La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, participe ce week-end à la Munich Migration Meeting. Elle y échange avec un groupe restreint de ses homologues européens sur les prochaines étapes de la politique migratoire européenne. Pour la ministre Van Bossuyt, les priorités sont claires : mieux protéger les frontières extérieures de l’Europe, renforcer le rôle de Frontex et rendre les retours plus effectifs. « Les personnes qui n’ont pas le droit de rester sur notre territoire doivent pouvoir être effectivement renvoyées. »
La Commission européenne entend renforcer considérablement le rôle de Frontex au cours des prochaines années. Elle prévoit notamment d’augmenter les effectifs du corps européen de garde-frontières et de garde-côtes et travaille actuellement à une révision du mandat de l’agence.
La ministre Van Bossuyt soutient cette volonté de donner davantage de moyens d’action à Frontex : « Une frontière extérieure européenne doit être une véritable frontière. Si nous voulons maîtriser l’immigration illégale, l’Europe doit pouvoir agir plus rapidement et plus fermement à ses frontières extérieures afin d’empêcher que des personnes n’accèdent librement au territoire européen. Celles qui n’ont pas le droit d’y rester doivent pouvoir être effectivement renvoyées. Sur ce plan aussi, Frontex peut et doit jouer un rôle plus important. »
Davantage de pression sur les pays qui refusent les retours
La question des retours figure donc elle aussi en bonne place à l’ordre du jour à Munich. Les discussions portent notamment sur les moyens d’inciter davantage les pays hors UE à coopérer à la réadmission de leurs propres ressortissants. Pour la ministre Van Bossuyt, l’Europe doit oser utiliser tous les leviers dont elle dispose.
« L’Union européenne est un acteur économique et diplomatique majeur. Nous devons bien davantage tirer parti de cette position. La coopération doit aller dans les deux sens. Nous sommes en droit d’attendre des pays qui souhaitent coopérer avec l’Union européenne qu’ils reprennent également leurs propres ressortissants lorsque ceux-ci ne sont pas autorisés à rester sur notre territoire. S’ils refusent, cela doit avoir des conséquences, par exemple en matière de visas, de commerce ou d’aide au développement », souligne la ministre Van Bossuyt.
Éviter un nouveau Ceuta
À Munich, les ministres examinent également comment l’Europe peut mieux réagir lorsqu’une frontière extérieure est soudainement soumise à une pression exceptionnellement forte, comme cela a été le cas lors des événements survenus à Ceuta l’été dernier. Les discussions portent notamment sur la proposition visant à instaurer un mécanisme européen d’urgence pour les situations de crise aux frontières extérieures.
Les premiers enseignements tirés du nouveau Pacte européen sur la migration, en vigueur depuis le 12 juin, sont également à l’ordre du jour. La ministre Van Bossuyt souhaite d’abord laisser suffisamment de temps au pacte pour faire ses preuves sur le terrain. La Belgique propose de procéder, après un an, en juin 2027, à une évaluation approfondie afin d’identifier les principaux obstacles et de déterminer où les règles pourraient être simplifiées ou rendues plus efficaces.
« Le Pacte sur la migration a constitué une première étape importante, mais le travail est loin d’être terminé. Dans les prochains mois, nous devons avant tout renforcer les maillons qui restent trop faibles : protéger nos frontières extérieures et veiller à ce que les décisions de retour soient réellement exécutées. »