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La ministre Van Bossuyt au Conseil JAI : « Pas de solidarité européenne sans responsabilité »
La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, participe aujourd’hui à Luxembourg au Conseil européen des ministres de la Justice et des Affaires intérieures (JAI). Les ministres y examineront notamment la situation dans l’espace Schengen, la coopération avec les pays tiers en matière de retour et la mise en œuvre du Pacte sur la migration. Pour la ministre Van Bossuyt, le message central est clair : « L’Europe ne pourra reprendre le contrôle de la migration que si les États membres travaillent ensemble et si chacun assume ses responsabilités. »
Selon la ministre Van Bossuyt, les récents événements survenus à Ceuta ont une nouvelle fois montré à quel point les différents volets de la politique migratoire européenne sont étroitement liés. Ce qui se passe à une frontière extérieure peut avoir des conséquences pour l’ensemble de l’espace Schengen. Frontières extérieures, asile, retour et solidarité ne peuvent être envisagés séparément. « L’Europe ne pourra maîtriser la migration que si nous agissons d’un seul bloc et si chaque État membre applique les règles européennes. Cela exige à la fois coopération et responsabilité. »
Un Frontex plus fort et des frontières extérieures renforcées
La ministre Van Bossuyt souhaite dès lors que l’Europe renforce Frontex. Selon elle, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes doit disposer de davantage de moyens opérationnels et budgétaires afin de soutenir les États membres dans la protection des frontières extérieures et de jouer un rôle accru en matière de retour.
« Une frontière extérieure européenne doit réellement être une frontière. Frontex doit pouvoir intervenir avec davantage de force pour protéger notre frontière extérieure commune. Et nous devons aussi oser repenser le système lui-même : une personne qui entre illégalement sur le territoire européen ne devrait pas pouvoir prétendre à un droit de séjour. Sinon, nous continuerons à attirer des personnes qui se retrouvent ensuite enfermées dans de longues procédures d’asile, lesquelles se soldent en Belgique, dans près de 80 % des cas, par l’absence de reconnaissance d’un statut de protection. »
Davantage de pression européenne en matière de retour
La présidence irlandaise a remis la question du retour à l’ordre du jour. Avec d’autres États membres de l’Union européenne, la Belgique souhaite utiliser de manière plus ciblée les instruments européens en matière de migration afin d’inciter les pays concernés à réadmettre leurs propres ressortissants.
« L’Europe dispose de bien plus de leviers que ceux que nous utilisons aujourd’hui. La coopération doit fonctionner dans les deux sens. Les pays qui souhaitent coopérer avec l’Europe doivent également reprendre leurs propres ressortissants lorsque ceux-ci n’ont pas de droit de séjour ici. S’ils refusent de le faire, nous devons être prêts à mobiliser des instruments liés aux visas, au commerce ou à la coopération au développement. »