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La majorité Vivaldi fait adopter en vitesse par le parlement la décision de l’UE relative aux ressources propres : la Belgique paiera chaque année un milliard d’euros de plus à l’UE
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Cette semaine, la Chambre des représentants a approuvé la décision de l’UE relative aux ressources propres, sans diffusion en direct et de manière relativement opaque. Le député fédéral N-VA Sander Loones exprime sa colère : « Les Vivaldistes prétendent défendre la coopération européenne, mais ils préfèrent mener ce débat important en toute discrétion. »
« Il s’agit pourtant de questions fondamentales : comment allons-nous financer l’UE ? Quels seront les choix idéologiques ? Dans quelle mesure la Belgique va-t-elle devoir fournir des moyens supplémentaires et que va-t-elle recevoir en échange ? Seul un débat ouvert et transparent peut renforcer le soutien envers l’UE. C’est une nouvelle occasion manquée pour la majorité Vivaldi », estime Loones.
Toujours plus
« Après le départ des Britanniques, l’Union européenne a rétréci pour la première fois de son histoire », explique la députée fédérale N-VA Anneleen Van Bossuyt. « Logiquement, le budget de l’UE devrait lui aussi diminuer, mais c’est le contraire qui se passe. Plutôt que de réformer et d’économiser, l’Europe attend des États membres restants, dont la Belgique, qu’ils contribuent davantage. »
La limite de dépenses totale du budget pluriannuel de l’UE passe à 1074 milliards d’euros. Le plafond des ressources propres correspond au montant maximal pouvant être demandé aux États membres. Les crédits annuels de paiement passent à 1,40 % maximum de la somme des RNB de tous les États membres. Le montant total des crédits annuels d’engagement passe lui à 1,46 %.
Sander Loones : « Cela peut paraître minime à première vue, mais il s’agit de montants gigantesques. En 2019, la Belgique a versé environ 3,3 milliards d’euros à l’UE. En 2021, ce montant passe à 4,3 milliards. La Belgique devra donc payer chaque année un milliard d’euros de plus à l’UE. De l’argent public payé ici, mais que nous ne pourrons plus dépenser directement. Ce sera désormais à l’Europe de décider de l’utilisation des moyens, alors que nos besoins sont immenses : coronavirus, déficit budgétaire structurel, vieillissement... Comment le gouvernement Vivaldi va-t-il payer tout cela ? En augmentant encore les impôts ? »
Mauvaises négociations
Afin de justifier la hausse des contributions européennes, le gouvernement De Croo renvoie à l’augmentation des recettes douanières, à l’instrument de relance « Next Generation EU » et au fonds pour le Brexit. « Un écran de fumée », estime Van Bossuyt. « Certes, nous allons pouvoir conserver 25 % des droits de douane perçus. Les recettes vont passer de 500 à 625 millions, soit 125 millions de plus, mais nous devrons payer 1 milliard de plus. Où est l’équilibre ? »
Au niveau de la répartition des moyens de relance européens également, le gouvernement belge semble avoir mal négocié. « Ce sont une nouvelle fois surtout les États membres du Sud et de l’Est qui passent à la caisse », fait remarquer Loones. « La Belgique se trouve bien en deçà de la moyenne européenne car on utilise les mauvais paramètres. On s’attendrait à ce que les États membres les plus touchés par la crise du Covid-19 bénéficient d’un plus grand soutien. Mais ce n’est pas le cas. Résultat ? La Belgique représente 17,5 milliards d’euros d’aide à la relance mais ne reçoit que 5,9 milliards en retour. En nous basant sur les répercussions économiques et l’impact sur le produit intérieur brut, nous devrions recevoir 14 milliards d’euros. »
En résumé : la Belgique contribue beaucoup plus et ne reçoit pas la part qui lui est due. En dépensant plus de moyens européens, nous ne réaliserons pas la relance post-coronavirus pourtant si nécessaire.