Kathleen Depoorter demande une audition parlementaire sur l’INAMI : « La fraude doit être combattue »

19 novembre 2025
Kathleen Depoorter

À la suite d’un récent scandale de fraude impliquant une infirmière à domicile à Houthulst, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a plaidé pour l’instauration d’une limite sur le nombre de prestations infirmières autorisées par jour. La députée Kathleen Depoorter réagit de manière critique à cette proposition et met en garde contre des mesures précipitées.

Pas de décisions hâtives, mais une évaluation en profondeur

« Lutter contre la fraude est absolument nécessaire, mais je ne suis pas partisane d’imposer à la va-vite un plafond journalier pour les prestations infirmières », déclare Kathleen Depoorter. « L’accord de gouvernement prévoit expressément une évaluation approfondie du fonctionnement du Service d’évaluation et de contrôle médicaux de l’INAMI, avec un accent mis sur la transparence et une approche multidisciplinaire. »

Mme Depoorter rappelle que la première plainte dans le dossier en question remonte à 2017. « Il est tout de même incroyable que cette dame ait pu poursuivre ses activités toutes ces années. Son cabinet est-il resté totalement hors du radar de l’INAMI ? J’ai du mal à y croire. Aucune suspension n’a été prononcée ? Pourtant, cela relève bien de la compétence du fonctionnaire dirigeant. »

Une audition pour faire toute la lumière

Le fait que l’affaire traîne depuis si longtemps sans action décisive de la part de l’INAMI renforce la conviction de Kathleen Depoorter qu’il faut d’abord analyser les procédures existantes. Elle demande donc la tenue d’une audition parlementaire.

« Les mécanismes d’alerte de l’INAMI ont-ils été correctement activés ? Comment a-t-on géré les dépassements de la valeur W, les actes techniques spécifiques, ou encore les forfaits palliatifs ? Ces seuils constituent déjà une forme de limitation destinée à garantir une pratique saine et à prévenir les abus », explique-t-elle.

Selon la députée, il est essentiel d’analyser ce dossier – ainsi que d’autres enquêtes en cours – de manière rigoureuse avant d’imposer de nouvelles mesures.

« Acquérons d’abord une vision claire de la situation, puis voyons avec les acteurs de terrain quelles décisions doivent être prises. Ce que propose le ministre ressemble davantage à une réaction de panique qu’à une politique réfléchie. »

Kathleen Depoorter souligne enfin que la proposition du ministre ne s’attaque qu’à une partie du problème : « Aucune attention n’est portée aux manquements dans le contrôle interne de l’INAMI. Ce point aussi mérite d’être examiné », conclut-elle.

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