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Johan Van Overtveldt sur le conflit commercial avec les États-Unis : « Mettons l’accord au frigo pour l’instant »
La récente décision du président américain Donald Trump de relever les droits de douane à 15 % à l’échelle mondiale alimente une forte incertitude économique. Selon l’eurodéputé Johan Van Overtveldt, il serait judicieux de reporter le vote sur l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis. Il l’a déclaré dans l’émission De Ochtend.
Reporter le vote sur l’accord commercial
Après l’annulation de précédents droits de douane par la Cour suprême des États-Unis, le président Donald Trump a riposté en instaurant des taxes provisoires de 10 %, rapidement portées à 15 %. Si ce taux correspond exactement à celui prévu dans l’accord encore en attente de ratification entre l’UE et les États-Unis, la situation reste extrêmement imprévisible pour les entreprises.
« Plus encore que les droits de douane eux-mêmes, c’est surtout l’incertitude qui pèse lourdement sur l’activité économique aujourd’hui », souligne Johan Van Overtveldt. Selon lui, personne ne sait vraiment, à ce stade, quelle direction prendra la politique commerciale à Washington. Il plaide dès lors pour un report du vote au Parlement européen. « Je ne dis pas qu’il faut le mettre au congélateur, mais au frigo, le temps de voir comment la partie se joue à Washington. »
Une pression intérieure croissante aux États-Unis
D’après l’eurodéputé Johan Van Overtveldt, la contestation de la politique commerciale qu’il qualifie de destructrice gagne du terrain aux États-Unis, et ce sur plusieurs fronts.
Premièrement, les ménages américains sont confrontés à une Inflation L’inflation est l’augmentation du niveau général des prix. La signification originale (littéralement : « gonfler ») a trait à l’inflation monétaire. En d’autres termes, la quantité d’argent augmente. Aujourd'hui, on entend par inflation essentiellement l’inflation des prix, soit une dévalorisation implicite de l’argent qui entraîne une diminution du pouvoir d’achat. inflation et à un coût de la vie plus élevés qu’en Europe — une conséquence directe des droits d’importation.
Deuxièmement, le monde des affaires américain commence lui aussi à montrer des signes d’impatience. Des entreprises annoncent déjà qu’elles réclameront jusqu’à 175 milliards de dollars de droits d’importation qu’elles ont versés au gouvernement.
Enfin, Johan Van Overtveldt observe que les critiques se multiplient également au sein même du Parti républicain, à l’approche des élections de mi-mandat.
Le déficit budgétaire américain comme levier alternatif
Johan Van Overtveldt met en garde contre une escalade vers une guerre commerciale. « L’Europe est l’économie la plus ouverte au monde. Elle n’a aucun intérêt à attiser davantage ce conflit. »
Plutôt que d’entrer dans une logique de représailles commerciales, il propose de cibler le financement du gigantesque déficit budgétaire américain. « L’Europe pourrait, dans sa réglementation financière, attribuer un niveau de risque plus élevé aux obligations d’État américaines. Les investisseurs institutionnels seraient alors moins enclins à financer la dette des États-Unis. Ce serait une manière pour l’Europe de répondre coup pour coup au président Donald Trump », conclut Johan Van Overtveldt.